Hélicoptère de l’île d’Yeu : un dispositif prolongé sous conditions

La desserte aérienne de l’île d’Yeu franchit une nouvelle étape avec la reconduction d’un dispositif d’aide publique encadré par la Région Pays de la Loire et le Département de la Vendée. Entre soutien financier, ajustements réglementaires et conditions d’accès resserrées, la continuité territoriale demeure au cœur des échanges entre élus et acteurs locaux, sur fond de vigilance accrue quant à l’usage des fonds publics et à l’évolution des droits des usagers.

Lors de la session du Conseil départemental de Vendée à Montournais, le sujet de la desserte de l’île d’Yeu avait été évoqué. Il avait en effet réaffirmé sa volonté de défendre cette liaison essentielle et de maintenir un tarif accessible aux Vendéens pour lesquels ce transport peut s’avérer indispensable au quotidien. Engagé financièrement, le Conseil départemental de Vendée s’était attaché à défendre cette liaison et à trouver une solution pour que le tarif du vol reste à la portée des Islais. À cette occasion, la conseillère départementale du canton de l’île d’Yeu, Carole Charuau, avait déclaré:« merci Monsieur le Président pour votre soutien de taille… Le Département est une collectivité proche de ses habitants, fiable dans ses engagements, et vraiment dévouée à la résolution des difficultés que peuvent rencontrer les Vendéens, aussi éloignés soient-ils. »

Mais la question de cette desserte vient de franchir un nouveau pas, lors de la dernière commission permanente qui s’est tenue ce vendredi 10 avril, au sein du Conseil départemental, avec le vote d’un amendement qui prévoit la reconduction du soutien financier conjoint de la Région Pays de la Loire et du Département de la Vendée. Chacune des deux collectivités mobilisera une enveloppe de« 250 000 euros ». Concrètement, cela se traduit par une prise en charge de « 30 % du tarif public, plafonnée à 26,50 euros par trajet et par personne ». C’est l’autre conseillère départementale du canton de l’île d’Yeu, Laure Barault, qui a récemment apporté des précisions via un communiqué sur les réseaux sociaux. Cet amendement, relatif à la continuité du dispositif d’aide au transport aérien, lui-même encadré juridiquement par le droit européen, vise à garantir une liaison accessible entre l’île et le continent. La continuité territoriale reste une problématique majeure pour l’île d’Yeu, où les déplacements du quotidien et surtout, ceux en lien avec la santé, peuvent rapidement devenir contraints.

Sur le plan organisationnel, la répartition des rôles est clarifiée. Ainsi, la Région conserve la responsabilité du cadre général, tandis que le Département agit pour son compte en assurant la mise en œuvre opérationnelle et les paiements. Cette aide, strictement réservée aux résidents principaux de l’île, sur présentation de la carte insulaire délivrée par la commune, s’applique aux liaisons aériennes entre Port-Joinville ou l’aérodrome local et le continent, via Beauvoir-sur-Mer : « la subvention avait été votée le 5 mars dernier à la Région. La convention pour la commune de l’île d’Yeu sera votée le 20 avril lors du prochain conseil municipal », détaille Carole Charuau. 

Seuls les habitants détenteurs de cartes insulaires permanentes seront désormais autorisés à bénéficier du tarif préférentiel : « les saisonniers ne prenaient pas beaucoup l’hélicoptère mais ce qui m’embête vraiment, c’est que les nouveaux insulaires devront attendre un an avant de pouvoir utiliser ce mode de transport à tarif préférentiel », indique Carole Charuau. Les entreprises ayant leur siège sociale sur l’île d’Yeu avec ETP et activité économique visible, et qui représenteraient une « majeure partie » de ces cartes temporaires, ne pourront plus non plus profiter de cette aide financière. La quatrième catégorie de cartes temporaires, qui comprend le secteur médico-social, va également être impactée par cette nouvelle mesure : «je pense que ce seront les organismes (Département, ARS, hôpital) qui paieront la différence, mais il reste tout de même les professions médicales libérales qui vont être confrontées à ce surcoût. Mais l’urgence, face aux nombres d’insulaires ayant dernièrement renoncé à leurs soins, fait que l’on a dû avancer, en décidant de valider les conventions telles quelles, quitte à faire un avenant après, en accord avec OVH », explique l’ancienne maire de l’île d’Yeu.

Le texte prévoit donc un encadrement rigoureux du dispositif. Un suivi précis du nombre de trajets subventionnés et des bénéficiaires sera assuré, accompagné de contrôles sur les justificatifs. L’objectif affiché est de garantir que l’aide bénéficie exclusivement aux résidents concernés et d’assurer une utilisation transparente des fonds publics : « les nouvelles obligations seront, entre autres, d’indiquer les numéros de cartes insulaires, à intégrer dans le logiciel de réservation d’OVH car, jusqu’à présent, une simple présentation visuelle de cartes avec l’identité des passagers suffisait à enclencher l’aide au transport aérien », précise l’édile. Laure Barault, de son côté, s’interroge : « est-ce qu’OVH remboursera les personnes qui ont pris l’hélicoptère au plein tarif depuis le début de l’année, puisque la société de transport aérien peut récupérer l’ensemble des subventions pour l’année? ».

La convention tripartite, désormais sécurisée par des juristes en lien avec le Département de la Vendée, de façon à ce qu’elle « ne soit plus opposable », entrera à priori en vigueur le « 1er mai 2026 ». Le dispositif est prévu « jusqu’au 31 décembre » de la même année, avec une possibilité de reconduction annuelle, « dans la limite de cinq ans ».

Valentine Lanave

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