CANICULES

© Valentine Lanave

Lors de la réunion publique « 100 jours de mandat », je suis intervenu sur les deux évènements qui me paraissent les plus importants ces deux derniers mois, à savoir les deux périodes de canicules en mai et juin.

En mai, il y a eu cinq nuits avec des températures supérieures à 20 degrés et quatre jours de fortes chaleurs supérieures à 30 degrés. En juin, ce furent huit nuits > 20 degrés, 6 jours > à 30 degrés dont deux supérieurs à 35 degrés avec un maxi à 41,1 (source https://www.infoclimat.fr site du sémaphore). Et malheureusement, la canicule est repartie en ce 6 juillet avec un thermomètre qui dépasse les 30 degrés, et des prévisions pour Météo France qui annoncent jusqu’au 12 juillet des températures maximales supérieures à 32 degrés.

Qu’il n’y ait pas eu d’intervention du maire ou d’un élu sur cette question est surprenant. Je m’attendais que face à ces canicules que nous subissons, nos élus, quels qu’ils soient, manifestent un minimum d’empathie pour la population. Car ces canicules génèrent de la souffrance, pour les personnes fragiles ( personnes âgées, femmes enceintes… ), mais aussi pour ceux qui travaillent et les enfants, sans parler de l’éco-anxiété que cela génère chez beaucoup de personnes et principalement les jeunes.

Tout le monde connaît cette image de la grenouille qui, trempée dans une casserole d’eau froide mise à chauffer, s’habitue à la montée de la chaleur et finit par mourir. Serions-nous arrivés à ce stade d’inconscience ? J’espère que non.

Il est plus que temps de réagir et de prendre des solutions urgentes et prioritaires, car il en va du bien-être de la population, voire de sa survie. Il y a une dizaine d’années, dans le bâtiment, nous avons surtout développé des solutions pour diminuer les besoins de chauffage l’hiver. Il se trouve que maintenant, il faille adapter en urgence notre milieu de vie l’été pour garantir au mieux des températures vivables chez soi et dans les bureaux. D’autant plus qu’à l’échelle de notre territoire, des solutions existent :

– Fermer les fenêtres et les baies vitrées avec des volets extérieurs,

– Végétaliser les abords des maisons, les places publiques pour diminuer les impacts des canicules, avec des arbres qui perdent leurs feuilles l’hiver comme le mûrier, l’albizia, le robinier faux-acacia (les spécialistes trouveront les bons arbres qui s’adaptent bien à notre territoire).

Ceci demande des investissements importants et donc une volonté politique de chaque niveau institutionnel pour aider financièrement les particuliers et montrer l’exemple dans le secteur public. Et évitons de couper les vieux arbres, comme cela a été fait pour les nouvelles classes aux Sicardières. Il y a aussi les secteurs où le travail est souvent dehors. Il est parfois possible de s’adapter en aménageant les horaires, par exemple; mais là aussi, il est nécessaire d’avoir un important soutien moral et financier, car cela pourrait mettre en péril des entreprises si les canicules se prolongent chaque année. Et malheureusement, les prévisions du GIEC sont aujourd’hui plus que vérifiées. Il y a comme un emballement. Nous sommes plutôt dans les scénarios « Températures très fortes ou fortes » dans le schéma ci-dessous. J’ajoute qu’à ces canicules se conjuguent des sécheresses qui peuvent devenir très problématiques. Certes, il faut respecter les consignes données de ne pas gaspiller l’eau, ne pas laver la voiture, les façades en plein été, limiter le nombre de douches, mais cela sera largement insuffisant.

© IAFP

Le stockage de l’eau pourrait être une solution pour chaque maison. Mais pour que cela soit efficace, la quantité d’eau à stocker ne devrait pas être inférieure à au moins 5 mètres cube, voir le double par maison. Installer ces réserves a un coût important qui, là aussi, devrait être en partie subventionné. Installé dès la construction, cela coûte moins cher et permet plus facilement une distribution pour être utilisée dans les toilettes et arroser les arbres que nous devrons planter.

Qu’on le veuille ou non, ces canicules sont le résultat du changement climatique, lié essentiellement à l’effet de serre. L’adaptation aux conséquences est importante, mais il est indispensable de limiter très rapidement nos émissions de gaz à effet de serre pour que demain nos enfants puissent vivre dans des conditions supportables.

Georges Birault, président du RAIA

Views: 97

5 2 votes
Évaluation de l'article
2 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Malissard
11/07/2026 11:27 pm

Merci Georges d’évoquer ce sujet, et de l’évoquer de façon simple.

Prénom
Monik
Mély
12/07/2026 5:31 pm

Émission passionnante sur le sujet sur France Culture (Le magazine du week-end: Canicule : les défis de la ville verte) lé 12/07 à 12:45 Le record de L’ILE D’YEU est même évoqué ! Sur la végétalisation il ressort que personne ne peut dire quelle seront les bonnes essences à planter,… Lire la suite »

Prénom
Jérôme