L’équipe fondatrice de Grain de Sel réunit les correspondantes actuelles ou anciennes de Ouest France et du Courrier Vendéen, ex-journalistes de La Gazette ou de L’écho de l’île d’Yeu. Mais pas que. À leurs côtés, quelques mains expertes en juridique, comptabilité, informatique ou peinture artistique, qui ne s’interdisent pas de tenir le crayon. Portraits éclair de 7 volontaires.
Jérôme Mély, aficionado pur jus de Raymond Queneau

Jérôme, on pourrait penser que si on lui pose une question, il commence par brandir une pancarte avec un NON écrit en gros. C’est son passé syndicaliste qui veut ça. À preuve, quand on lui demande pourquoi il s’est lancé dans l’aventure de Grain de Sel, il répond : « Je tiens à préciser que je me suis engagé à l’insu de mon plein gré et ce serait gentil de ne pas faire part de mon engagement à mon entourage qui croit que je suis danseur transformiste dans un établissement de la rue des Martyrs. Strictement rien de mon passé ne me prédestinait à m’aventurer dans une saline de l’océan médiatique. Certainement pas le fait que pendant 40 ans mes proches ont cru que je travaillais dans le numérique alors que j’étais déjà en poste dans un cabaret, non loin de Zazie dans le métro, dans le quartier Pigalle de mon enfance. »
En fait, après une vie professionnelle consacrée à l’informatique, Jérôme a revêtu son bleu de travail, presque H24, pour faire fonctionner le site graindesel-yeu.fr. En plus de son implication dans le collectif Des paysans et des gens et de sa passion pour la photographie.
« Grain de Sel doit être un lieu de circulation des idées »
Valentine Lanave

D’un abord réservé, Valentine révèle une grande force de caractère. Elle fait vivre Grain de Sel avec détermination. Et sa retenue cède souvent à son goût pour la facétie. Difficile de la faire parler, elle préfère poser des questions, écouter, comprendre ce qui se passe autour d’elle. Bref, l’humain la passionne. « J’aime laisser la place aux autres, j’essaie d’être le plus juste possible lorsque je raconte leur histoire, qui parfois dépasse leur propre personne. » Son souhait pour le média qu’elle a fait naître ? Mettre en lumière de belles initiatives, de belles personnes, ouvrir de nouvelles perspectives et soulever des questions qui peut-être un jour feront avancer les choses. « Grain de Sel a vocation à s’appuyer sur chacun pour nourrir un dialogue pluriel. Si cette aventure peut aujourd’hui prendre forme, c’est grâce à sa dimension profondément coopérative. L’équipe qui la porte réunit des savoir-faire complémentaires. Mais au-delà, nous partageons une même vision de la vie, fondée sur la solidarité, le partage, le faire-ensemble, et un même attachement à l’indépendance des média, corollaire de la liberté d’expression. »
Valentine demeure discrète sur le chemin, nourri de rencontres et d’expériences, qui l’a conduite à créer un journal. « Certaines personnes ont été déterminantes. Elles m’ont éclairée, transmis une manière de regarder le monde ou simplement donné l’envie d’aller voir plus loin. » La curiosité du pourquoi des choses et le désir de le faire partager.
« Participer à une aventure collective me sort de mon jardin »
Monik Malissard

Quand Valentine lui a parlé de son projet de journal numérique, Monik s’est montrée enthousiaste. Rester insensible à l’élan d’une jeune femme eût été faillir à la solidarité intergénérationnelle. Et l’idée de venir chatouiller les consciences avec des mots et des images lui plaisait : « Faire vivre un journal d’opinion où s’exprimer librement, où investiguer des sujets de fond, porter sur l’actualité un regard satirique et donner la parole à qui veut la prendre, à travers courrier des lecteurs ou tribune, cela booste la vitalité démocratique ». Essentiel pour elle, rebelle à la censure, aux baillons de la pensée formatée et aux pressions. Après trente années à écrire des trucs hyper sérieux pour les entreprises comme rédactrice indépendante dans la communication, elle prétend que maintenant ça la fatigue de réfléchir à des sujets ardus. « Je préfère profiter avec jubilation de la retraite à écouter la musique des plantes et prendre la poudre d’escampette du côté du pamphlet et du rire. » Et de la poésie qui depuis longtemps, avec des mots parfois glissés dans des recueils, irrigue son quotidien.
Dominique Pivin, ou la présence à l’autre

De même que Jérôme, son compagnon, Dominique a été emballée quand Valentine leur a présenté son projet : « Apporter non seulement de l’info fouillée sur ce qui se passe sur l’île, mais aussi ouvrir la voie au débat entre différents points de vue, c’est innovant et ambitieux. Cela vaut le coup de s’engager à ses côtés, d’autant qu’elle est une jeune femme brillante ». De longue date soucieuse d’apporter quelque chose au tissu social dans lequel elle vit, qu’il s’agisse de trouver un logement pour une personne en difficulté, de pister un chat perdu, de soutenir une librairie indépendante ou de militer, compétences de graphiste à l’appui, contre les dérives autoritaristes ou le saccage de la planète, Dominique n’est jamais avare de coups de main. Douée d’empathie pour les personnes autant que pour le monde animal et végétal, elle appelle l’humanité à plus d’humilité. Son engagement politique l’a menée un temps au mandat d’adjointe au maire à la culture d’une ville de 60 000 habitants. Parallèlement, dans le silence de son atelier, en symbiose avec l’humus originel, elle célèbre la terre nourricière à travers ses peintures et ses sculptures. « C’est la présence qui m’importe » dit-elle de ses œuvres « quand matière et lumière s’unissent dans une ultime étreinte pour jaillir du chaos ».
« J’aime partager mes émotions »
Sarah Meneghello

En dépit de son nom aux consonances de bel canto, Sarah est une « p’tite feuille » de l’île : « Depuis mon arrière-grand-mère islaise, on ne cesse de partir pour mieux revenir. Ma lignée maternelle avait la bougeotte. Et moi aussi » — Sarah fait des allers-retours récurrents entre ici et Paris. « Je ne suis pas née sur l’île, je n’ai pas grandi ici, mais j’aimerais y mourir (le plus tard possible !). J’y ai planté des arbres et je veux les voir grandir ». Grain de Sel fait partie des graines ensemencées qu’elle arrose pour les voir éclore et se développer. Elle compte faire parler les gens d’ici et d’ailleurs pour y dresser leur portrait. « Correspondante pour Ouest France, j’écris déjà sur l’actualité. Mais à Grain de Sel, je déploie mes ailes, à la rencontre d’ils et elles qui font l’île d’aujourd’hui et de demain, celles et ceux qui font l’histoire. »
En s’engageant dans cette aventure de média indépendant « où il fait bon côtoyer journalistes, auteur·rice·s, poètes, artistes et citoyen·nes », Sarah a le sentiment « d’être utile à la communauté, même si ça peut paraître présomptueux. L’info est essentielle. Et j’aime bien mettre mon grain de sel pour faire avancer le schmilblick, à mon échelle. Les petits cours d’eau font les grandes rivières… ». Sarah n’en est pas à sa première expérience de média numérique : elle est rédactrice en chef du site Les Trois Coups, journal en ligne du spectacle vivant créé voici 20 ans, qu’elle fait vivre au quotidien et où elle a déjà relayé l’actualité artistique insulaire.
« De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins »
Pascal Mrozinski

Pascal compte à son actif la création et l’animation du Club philatélique de l’île et de L’Islais Run Club. Mais peu connaissent combien l’engagement coopératif a été au cœur de sa vie professionnelle. Directeur administratif et financier, il a travaillé dans des entreprises industrielles françaises et internationales, puis, pendant 15 ans, dans le secteur mutualiste où il dirigeait la partie couverture santé ainsi que l’offre de soins et de services : EHPAD, centres de prévention, de santé et d’optique, pharmacie, etc. Il a aussi créé un centre mutualiste pour l’accès aux soins d’une population ouvrière défavorisée et accompagné des coopératives ouvrières pour la reprise d’entreprises en difficulté. « La réussite collective passe par la forme coopérative, estime-t-il. Elle n’est pas sous-tendue par l’esprit lucratif et spéculatif et comporte des modalités d’échange et de prise de décision qui permettent aux gens de bien fonctionner entre eux. C’est l’une des rares formes juridiques dans laquelle la liberté et la responsabilité individuelles peuvent s’exercer. Dans une coopérative, des personnes se réunissent pour servir l’intérêt général. » Aussi Pascal a-t-il adhéré spontanément au projet de média coopératif de Valentine. « Et puis, il manquait un média d’info sur l’île. Beaucoup de choses ne s’expriment pas suffisamment. Grain de Sel s’inscrit dans la mouvance de l’éducation populaire ». Les compétences de Pascal sont précieuses sur le plan administratif —constitution juridique de Grain de Sel, aspects comptables, etc. La SCCI Terres Islaises peut en témoigner.
« Grain de Sel complète utilement les médias disponibles sur l’île »
Viviane Klemm

Correspondante du Courrier vendéen puis rédactrice de La Gazette, Viviane a contribué pendant huit ans à l’information sur l’Île d’Yeu. « L’île est non seulement riche de son histoire et de sa géographie, mais aussi de la diversité de sa population, qui est en quelque sorte un condensé de notre société actuelle. Certes, il fait bon vivre à l’Île d’Yeu, mais comme sur les autres petites îles, les habitants doivent composer avec des contraintes et problématiques auxquelles ne sont pas forcément confrontés les continentaux. Ces spécificités méritent d’être racontées, expliquées, discutées, débattues, à l’échelon local mais également au-delà. Bien des décisions qui concernent l’île sont prises en dehors d’elle, parfois sans réelle connaissance du terrain. C’est aussi en cela que les médias d’information ont un rôle important à jouer. Je ne pouvais donc que soutenir la création de Grain de Sel, média innovant, 100 % numérique, indépendant et coopératif ». Aux yeux de Viviane, Grain de Sel apporte un angle de vue et un contenu complémentaires à l’information délivrée par Neptune FM, l’Écho de l’Île d’Yeu, les réseaux sociaux et la presse régionale, ou encore la communication municipale. « Sa force repose sur sa gouvernance coopérative ». Suggérer de nouveaux sujets, compléter les infos mises en ligne, proposer son expertise, faire connaître Grain de Sel, lui apporter un soutien financier en devenant coopérateur… « Les possibilités sont nombreuses. À chacun de s’en saisir pour une information continue, pertinente et toujours plus large ».
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Quelle équipe et quel beau boulot !!! Un grand Bravo à toutes et à tous !!
Longue vie à un Grain de sel savoureux qui croque sous la dent et contribue à une île dynamique, plurielle et solidaire. Une île où il fait bon vivre… pour un jour ou pour toujours.
Bravo à toute la fine équipe , quelle joie de vous lire : Vérité ,humour , questionnements ,interrogations et remise en cause , ne peut faire que du bien . Partante pour une SSCCI.