Sardine, l’île en héritage

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Le vent et les oiseaux ont fini par redessiner sa vie. Installée sur l’île d’Yeu depuis 2005, Sandrine Desmarest, 54 ans, n’est pourtant pas née insulaire. Co-présidente de l’association Yeu Demain, elle incarne aujourd’hui une génération d’habitants venus d’ailleurs, mais bien enracinés.

Née à Saint-Cyr-l’École, en région parisienne, elle entretient très tôt un lien intime avec l’île : « Mes parents s’y sont rencontrés, mes grands-parents, d’abord résidents secondaires, s’y sont installés définitivement dès les années 60. »

Diplômée d’une maîtrise d’anglais et d’italien à la Sorbonne, elle entame une carrière dans le commerce international. Pendant dix ans, elle sillonne les sites de production dans l’ouest de la France : « J’aimais déjà faire du lien », confie-t-elle. Elle enchaînera par la suite sur des missions d’intérimaire à Paris. Mais l’appel de l’ouest se fait à nouveau sentir : « La province me manquait. Un ami Islais m’a proposé de me loger dans un appartement étudiant à Nantes, mais je n’ai pas trouvé de travail. Je me suis retrouvée à faire une saison sur l’île d’Yeu. »

Un tournant. À 30 ans, elle est embauchée à L’Autobécane : « C’était un rythme fou, mais avec la joie d’habiter l’île. » A la fin de cette saison, une opportunité la conduit à l’Atlantic Hôtel, où elle devient directrice d’hébergement pendant sept ans. C’est aussi à ce moment que naît une autre passion : « J’ai redécouvert le monde avec une paire de jumelles », raconte-t-elle. Sa rencontre avec un ornithologue marque un basculement : « Ma famille m’avait transmis des valeurs de respect de l’environnement, mais là, ça a été une prise de conscience énorme. » Elle s’engage alors davantage. Elle se forme au tourisme durable, tisse des liens avec le monde agricole local et rejoint la LPO Vendée : « Avec Yeu Demain et le Collectif Agricole, nous voulions créer une maison de la nature, comme à Oléron ou à Belle-Île. Nous avions même rédigé un mémoire. »

Crédit photo : Bernard Batifoulier

Après un stage à l’office de tourisme, elle devient guide. Un métier qu’elle exerce au service Patrimoine de la mairie de l’île d’Yeu depuis douze ans : « L’hiver permet de préparer les sorties de l’été. » En 2016, elle crée sa structure, L’île en bandoulière, et développe des séjours nature en petit groupe : « L’idée, c’est de proposer une autre manière de découvrir l’île. »

Son engagement se poursuit aussi dans le tissu associatif. À la LPO Vendée, elle sensibilise les plus jeunes à l’environnement. À Yeu Demain, elle apprend une autre forme de militantisme : « Cette expérience m’a fait grandir. J’ai appris à tempérer, à écouter. On œuvre pour l’intérêt général de l’île. » Aujourd’hui, Sandrine mesure le chemin parcouru. « Je veux rendre à l’île ce qu’elle m’a donné. Elle est fragile, comme une petite planète. » Plus qu’un lieu de vie, Yeu est devenu pour elle un équilibre : « Ici, il y a les liens humains, la solidarité, la simplicité. On vit les choses au présent, sans pouvoir se mentir. Et ce recul qui permet de regarder le monde autrement. »

Propos recueillis par Valentine Lanave

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recoussine
30/04/2026 11:05 pm

il nous en faudrait plus comme elle sur l’Ile d’Yeu

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