Qui est Patrice Bernard ?

Patrice Bernard, candidat aux élections municipales de l'île d'Yeu 2026. Crédit photo: M'Yeu Ensemble

Candidat « centre droit », Patrice Bernard se présente pour la seconde fois aux élections municipales de l’île d’Yeu. Celui qui se dit en campagne « depuis trente ans » conduit la liste M’Yeu Ensemble, composée majoritairement de jeunes Islais. Il a accepté de se livrer sans détour.

 

Un enfant du port devenu boucher

Né en 1963, Patrice Bernard quitte l’école à quatorze-ans pour entrer en apprentissage. Son rêve : devenir boucher. Un métier qu’il exercera pendant quarante-six ans : «j’avais ma place depuis l’âge de huit ans à Kernec, au port, où mes parents étaient clients. » La concurrence l’empêche toutefois de débuter dans la boucherie de son enfance. Il entame finalement son apprentissage au supermarché Unico, récemment ouvert. Il y restera vingt ans comme commis, avant de devenir responsable du rayon boucherie jusqu’à la fin de sa carrière : « j’ai été témoin de l’évolution du métier, avec l’arrivée des 35 heures, moi qui faisais facilement 60 heures par semaine. »

 

Sport, chasse et vie associative

Énergique, Patrice Bernard s’investit très tôt dans le sport local. Pendant de nombreuses années, il entraîne les quarante joueurs du club de football de l’île : « j’ai d’abord été joueur, au poste d’attaquant. » Il pratique également le squash, la course à pied, la danse et le badminton. Autre passion de longue date, la chasse : « j’allais à la messe tous les dimanches avec ma mère, jusqu’au jour où j’ai décidé d’aller chasser avec mon père et mon grand-père. J’avais six ans. » Il cesse cette activité après le décès de son père, il y a sept ans. Amateur de pêche à pied, il continue de fréquenter les rochers du littoral dès qu’il en a l’occasion.

 

Le handicap comme combat personnel

Issu d’une famille confrontée au handicap, Patrice Bernard grandit en subissant le regard des autres :
« j’ai un frère et deux sœurs, dont une handicapée, décédée il y a huit ans. Les remarques parfois moqueuses étaient humiliantes. Nous évitions certaines situations pour nous préserver. » Il transforme cette expérience en engagement. Pendant plusieurs années, il organise des soirées dansantes au casino lors du réveillon afin de récolter des fonds pour les associations locales d’aide aux personnes en situation de handicap : « je n’aime pas l’injustice. »

 

Trente ans d’engagement politique

Il y a vingt-six ans, alors qu’il pratique le cyclisme aux Conches, Patrice Bernard rencontre Marguerite Morineau, élue locale : «c’est elle qui m’a mis le pied à l’étrier. » Il rejoint ensuite l’équipe de Maurice Coustillère, qu’il décrit comme « un homme formidable, respectueux, avec une grande richesse humaine ». Élu conseiller municipal en 2001, il fait ses premières armes politiques : « on avait été élus à 81 %. J’ai appris la sagesse, à me tempérer. J’ai besoin de tout comprendre avant de m’engager. » Lorsque Maurice Coustillère ne se représente pas, Bruno Noury lui succède. Patrice Bernard devient d’abord adjoint suppléant, puis, lors du second mandat, adjoint à l’environnement : « ma femme m’ayant quitté entre-temps, j’avais du temps. J’ai beaucoup œuvré pour l’aménagement du territoire et participé à la majorité des commissions. »

 

De la majorité à l’opposition

Titulaire au syndicat départemental Trivalis, il travaille pendant trois ans sur le dossier de la redevance incitative et noue des liens avec des élus vendéens. Des divergences apparaissent cependant avec Bruno Noury : « je lui ai annoncé que je me présenterai contre lui aux municipales de 2020. J’ai dû démissionner à sa demande, à six mois des élections. » Il mène alors une liste composée en partie d’anciens membres de la majorité : «j’ai fait trois mandats avec des responsabilités. Aujourd’hui, dans l’opposition, les rôles se sont inversés. C’est frustrant, parfois humiliant. » Il affirme avoir été écarté de certaines commissions en raison de sa rigueur : « je veux désormais m’entourer des meilleures compétences. Je vois l’intérêt de mon île avant mon intérêt personnel. Nous travaillerons dans l’échange, le respect et la transparence. »

 

Une implication qui a un prix

Père d’une fille de 28 ans, Patrice Bernard évoque avec émotion sa vie familiale: « elle avait deux ans quand je suis entré en politique. C’est ingrat pour les enfants. Mon ex- épouse et ma fille ont souvent été malmenées à cause de mon engagement. » Conscient des sacrifices imposés, il encourage mais met aussi en garde les plus jeunes qui s’engagent à ses côtés : « il faut savoir se protéger. La politique peut vite devenir chronophage et impacter la vie personnelle. »

 

Une liste bâtie « de zéro »

Pour ces municipales, Patrice Bernard affirme être reparti de zéro : « nous sommes tous sur le même bateau et il nous faut les meilleurs marins. Lors des précédentes élections, j’avais sollicité 60 personnes pour en recruter 30. Cette fois-ci, j’ai dû en contacter 170 pour constituer une nouvelle liste. » Une démarche qu’il assume pleinement, convaincu que son engagement de longue date trouvera un écho auprès des électeurs de l’île.


Propos recueillis par V.L

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30/03/2026 10:48 am

[…] procédé à l’installation de ses membres et à l’élection du maire. À l’issue du scrutin, Patrice Bernard a été élu à la tête de la commune, ouvrant une nouvelle séquence politique […]