Annoncé lors du dernier conseil municipal comme une solution pour désengorger la Gravaire, l’épandage de compost sur une parcelle de la Tonnelle suscite de nombreuses interrogations chez les riverains. Odeurs, proximité des habitations, information des habitants… Une opération assumée par la municipalité, mais qui ne fait pas l’unanimité.
Le sujet avait été évoqué dès lundi soir, lors du conseil municipal. En fin de séance, la cheffe de l’opposition a interrogé le maire sur le devenir des matériaux stockés à la Gravaire, après avoir été sollicitée par plusieurs habitants : « est-ce qu’il faut une autorisation de la DREAL ou autre ? Est-ce qu’il n’y avait pas une autre zone disponible, sachant que cette parcelle est entourée par des riverains ? Est-ce qu’il y a un risque sanitaire ? Est-ce qu’une étude de sol a été faite ? », a-t-elle demandé. En réponse, le maire a confirmé que la commune prévoyait d’utiliser une parcelle d’environ 9 000 m² située à la Tonnelle pour y déposer du compost issu de la Gravaire : « il n’y a pas d’étude de sol », a-t-il indiqué, précisant que « des analyses de tous les gisements sont faites ». Il a également assuré que l’opération serait limitée : « on met un peu de compost sur la parcelle, de façon mesurée. Nous n’allons pas vider la Gravaire sur la Tonnelle, c’est complètement faux. Il n’y aura pas de fine, pas de terre. » Le maire avait également annoncé que les riverains seraient prévenus avant le dépôt.
Une opération menée cette semaine
Selon les informations recueillies par notre rédaction, les opérations d’épandage se sont déroulées de mercredi à vendredi sur cette parcelle, sous la responsabilité des services municipaux. Jeudi matin, nous nous sommes rendus sur place. Un matériau à l’aspect terreux était visible et une forte odeur a été constatée aux abords de la parcelle vers 11 heures. Certaines habitations se situent à quelques dizaines de mètres seulement. Plusieurs riverains ont fait part de leur mécontentement à notre rédaction, estimant ne pas avoir été informés en amont de cette intervention et dénonçant les nuisances olfactives, particulièrement difficiles à supporter dans le contexte des fortes chaleurs : « on ne peut même pas ouvrir nos fenêtres. L’épandage a lieu à seulement 230 mètres du bois de la Citadelle, dans un contexte de risque incendie orange, nous sommes en colère ! » nous confiait un habitant.
Lors du conseil municipal, l’adjoint Bernard Noury avait expliqué que cette opération s’inscrivait dans une stratégie plus globale de réorganisation de la Gravaire : « il faut vider la zone », a-t-il déclaré, rappelant que plus de 3 000 tonnes de matériaux avaient déjà été évacuées et que la commune cherchait à limiter le coût du traitement des gisements : « il est hors de question que l’on paie les 312 000 euros prévus au budget », a-t-il affirmé. L’élu a reconnu que le transfert pourrait générer « une nuisance », tout en assurant qu’il ne présentait pas de caractère polluant. Le maire a, pour sa part, indiqué que la Gravaire devait faire l’objet d’une réorganisation complète en 2027, avec la création de nouveaux espaces de stockage, de murs d’enceinte, d’un système de brumisation destiné à limiter les poussières et d’une nouvelle organisation du concassage.
« Les riverains doivent pouvoir vivre sans inconvénients »
Pour Philippe Ledoux, président de l’association des riverains de la Marèche, qui regroupe environ 150 adhérents, les inquiétudes restent nombreuses : « je reçois régulièrement des doléances des membres de l’association, parfois plusieurs par jour », explique-t-il. Selon lui, les préoccupations portent principalement sur le stockage des broyats et les risques d’incendie liés aux fortes chaleurs. Il regrette également que cette question n’ait pas été abordée lors de la réunion publique consacrée aux cent premiers jours du mandat municipal : « notre but n’est pas d’empêcher les gens de travailler, mais simplement de dire que les riverains devraient pouvoir y vivre sans inconvénients », résume-t-il.
Des questions restent en suspens
À la suite de nos constatations sur place, plusieurs questions ont été adressées au maire, notamment sur la nature exacte du matériau épandu, les volumes concernés, les analyses réalisées, le calendrier de l’opération et l’information des riverains. Au moment de la publication de cet article, la municipalité n’avait pas répondu à nos sollicitations. Ces éléments seront publiés dès réception des réponses.
Valentine Lanave
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Bonjour,
Le conseiller cité n’est pas Bernard Noury? Plutôt que Didier?
Exactement ! Merci pour votre vigilance !
bonjour, je voudrais apporter quelques précisions suite à votre article Concernant le terrain de la tonnelle, vous parlez de 9000 m2. C’ est la taille de la parcelle mais vous verrez sur place qu’ une petite partie de la parcelle a été recouverte de compost. je dirais un tiers, recouvert… Lire la suite »
Cela mériterait une tribune !
Bonjour Manu, il me semble que l’article de Valentine avait pour objectif de restituer des échanges au sein du conseil municipal et de faire part de réactions de la population riveraine, sans se lancer dans un reportage sur la gestion des déchets. Elle n’omet pas non plus de rapporter les… Lire la suite »
Bonjour, Que nous aurions aimé, Monsieur Maillard, recevoir ce type d’explication — à l’époque où vous étiez élu — aux nombreuses questions posées et restées sans réponse. Des arguments, des faits, un minimum de transparence… plutôt que, la plupart du temps, le silence, ou des accusations d’« attaques » ou… Lire la suite »
Il est évident que l’épandage de composte ne présente pas une pollution, cela sent c’est vrai mais pas vraiment plus mauvais qu’un vieux diesel mal réglé, et peut-être même moins à mon avis. Quand j’étais gamin à côté de la maison familiale un agriculteur avait une grosse fosse à purin,… Lire la suite »