Viens dans mon île : un festival inoxydable

© Rodrigue Laurent Photographie

Quand j’ai proposé un interview à VDMI, j’avais une petite idée, machiavélique je l’avoue, derrière la tête : faire un scoop, en trouvant le petit détail qui coince, le grain de sable, le truc auquel on ne s’attend pas et qui ferait trembler les quais de Port Joinville. Bref, un vrai travail de journalope. J’ai donc sorti l’artillerie lourde. Manque de pot, VDMI, c’est une organisation en béton armé :

– On m’a dit que votre festival obligeait les gens à prendre le bateau…

Je tenais quelque chose. Une atteinte manifeste à la liberté de circuler. Une discrimination envers les continentaux. Une affaire d’État.

Romain :  » Oui… enfin, sauf si vous venez en paddle. « 

Le gars a de la répartie… Je tente alors un angle plus humain :

– Si un festivalier oublie sa tente, il retourne à sa voiture. Ici, il regarde l’horizon ?

Je m’attends à un récit dramatique. Un campeur abandonné, une nuit passée à même le sol, des larmes, des regrets. Un appel à la préfecture. Mais non ! Que nenni !

Romain :  » On trouve toujours une solution. « 

Cette phrase reviendra environ toutes les trois réponses. Après vérification, elle semble être le véritable slogan caché du festival… Je change de stratégie : la logistique. Là, forcément, ça va coincer :

– Organiser un festival sur une île, ça doit être compliqué ?

Je cherchais le responsable. Celui qui a décidé de compliquer volontairement toute la chaîne logistique. Enfin, un aveu :  » Oui, c’est un défi logistique… «  Je tiens ma faille, ou pas « …mais c’est surtout une formidable aventure humaine. »

Évidemment… Encore une fois, la réponse est beaucoup trop positive et je commence à perdre espoir. J’enchaîne sur la personnification du festival VDMI :

– Si « Viens dans mon île » était une personne, ce serait quel genre de pote ?

Je cherche le profil psychologique du festival. Un personnage étrange, un voisin envahissant ?

Romain :  » Celui qui rassemble tout le monde. « 

Même le festival est plus sociable que moi…

– La première chose qu’un festivalier ne comprend jamais en arrivant ?

J’espérais une erreur d’organisation.

Romain :  » Qu’ici, on oublie vite le rythme du quotidien. « 

Impossible d’en faire un scandale… Je décide alors de m’attaquer directement à la programmation et pour le coup, je ne vais pas me faire d’ami(e)s :

– Une soirée rock, une soirée déjantée, une soirée hommage… vous faites une programmation ou vous remplissez une grille de bingo ?

L’occasion rêvée de provoquer un débat artistique sur fond de polémique musicale…

Romain :  » On essaie surtout de faire plaisir à tout le monde. « 

Encore raté. Personne ne s’écharpe. Personne ne critique. La situation devient presque inquiétante.

– La soirée « Viens dans mon île Déraille », on doit s’attendre à quoi ?

J’avais peur. Un événement incontrôlable ? Une soirée sans aucune limite ?

Romain :  » Beaucoup de bonne humeur et des surprises. « 

Je demande une précision. Je n’en obtiens aucune. Le mystère demeure. Je tente l’humour :

– Qui a eu l’idée de demander aux gens de venir déguisés ?

Là, je suis sûre que quelqu’un va être dénoncé. Pas du tout :

 » On ne sait plus… mais personne n’a voulu arrêter l’idée. « 

Une affaire sans responsable. Comme souvent avec les meilleures idées… L’enquête piétine, mais heureusement, j’obtiens enfin un début de dossier.

– Le pire déguisement déjà aperçu :

 » Un gang de serpillères. « 

Je décide de ne poser aucune question supplémentaire. Certaines vérités doivent rester inexpliquées.

– Le meilleur déguisement ?

J’attendais un nom. Une révélation…

Romain :  » Celui qu’on n’aura pas vu venir. « 

Nous devront donc attendre encore quelques semaines pour le voir.

Le costume que vous redoutez ?

Enfin une inquiétude !

Romain :  » Les mauvais sosies de Morgate. « 

Le dossier est grave. Des copies approximatives de mascotte pourraient circuler. La vigilance est recommandée. Je reviens à un terrain plus sérieux.

– Qui stresse le plus avant le festival ?

Sans hésiter.

 » Antoine Grésillon. « 

Enfin ! Une réponse nette. Quelques secondes plus tard :

– Et qui fait semblant de ne jamais stresser ?

Romain :  » Moi. « 

Le suspect reconnaît les faits.

– Quel est le plus gros imprévu que vous avez dû gérer ?

Là, forcément. Une catastrophe. Une crise. Une réunion d’urgence.

Romain :  » L’annulation de Deluxe à cause des vents violents. « 

Mais il ajoute que l’équipe a rebondi. Notre enquête avance… puis recule. Sur une île, les imprévus ne ressemblent pas aux autres. Puis arrive LA réponse qui change tout.

– Si un artiste rate le bateau, vous improvisez un karaoké géant ?

Quand un groupe manque son train, on appelle un taxi, quand un artiste manque son bateau, on appelle…

Romain :  » la SNSM « .

Oui. Vous avez bien lu. Selon nos informations, le matériel d’Axel Bauer aurait déjà traversé la mer grâce aux sauveteurs. Une opération dont le nom de code reste classé confidentiel. Ici, même les imprévus finissent bien, c’est agaçant !

Enfin, il y a le cas R&T. Des morgates magiques aperçues dès l’aube sur le site. Selon plusieurs témoignages concordants, ces êtres dormiraient dans un hamac humide dissimulé sous la scène durant la journée, pour mieux faire la fête avec le public dès que la nuit tombe. Une information que nous ne manquerons pas de vérifier :

Romain :  » Ce sont Ribouldingue et Tartampion qui arrivent les premiers sur le site. « 

– Et qui repart le dernier ?

Nous avons notre réponse. Elle est sans appel.

Romain :  » Ribouldingue et Tartampion aussi. « 

Coïncidence ? Je ne crois pas aux coïncidences.

– Avez-vous une anecdote tellement improbable que personne ne vous croit ?

Je voulais une révélation, une histoire impossible.

Romain :  » Plusieurs sont dans le livre du festival. « 

Le suspect nous renvoie vers des archives. Technique classique pour éviter les aveux spontanés.

– Pourquoi venir plutôt que regarder un concert sur son canapé ?

Dernière tentative. Le moment de vérité.

Romain :  » Parce qu’un écran diffuse de la musique, mais ne remplacera jamais l’ambiance, les rencontres et la magie du festival. « 

Notre enquête touche à sa fin. Après dix-huit questions, le constat est sans appel. Aucune polémique. Aucun scandale. Personne ne s’est énervé. Personne n’a rejeté la faute sur quelqu’un d’autre. Pire encore : à plusieurs reprises, Romain a parlé de bénévoles, de solidarité, de bonne humeur et de convivialité. Franchement… Pour une journalope en quête d’un scoop, c’est maigre. Il ne me reste donc qu’une seule information exclusive à révéler : le festival Viens dans mon île se tiendra les 3, 5 et 7 août sur l’île d’Yeu, à la Citadelle.

Nos équipes suivent cette affaire de très près… Et pour bien vous faire buller en attendant, Grain de Sel vous propose quelques clichés du photographe Rodrigue Laurent. Merci à lui !

© Rodrigue Laurent Photographie

VL

Lundi 3 août : Roland Décembre, Charlie Winston, Skip the Use

Mercredi 5 août : VDMI DERAILLE

Vendredi 7 août : Mécèki, Once upon a time, David Bowie, This is Michael

Réservations : www.viens-dans-mon-ile.com



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Meneghello
19/07/2026 3:53 pm

👀 TrOp bien cet article 👀

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Sarah