Oyé, oyé, chers Islais et Islaises ; Léon le Libraire est de retour sur l’île d’ Yeu !
Après un passage remarqué à l’auditorium de l’île d’Yeu, Léon le Libraire nous revient du festival d’Avignon où les représentations de la pièce intitulée; « Léon le Libraire : marchand de rêve » , se sont enchainées du 4 au 25 juillet 2026 au « Figuier Pourpre » à la Maison de la Poésie d’Avignon. Et le succès a été au rendez-vous ; en témoignent de nombreux articles rédigés par les journaux et gazettes du festival. En voici quelques passages :
« Le spectacle mêle humour, anecdotes truculentes et tendresse littéraire. On y croise, au détour d’un rayon imaginaire, Colette, Proust, ou Aragon… » in ZEBULINE L’Hebdo du 22 juillet 2026 , (journal indépendant qui œuvre pour le rayonnement de la Culture et des arts dans le Sud-Est et distribué avec le journal La Marseillaise ). A la sortie du spectacle Sylvie, une spectatrice écrit : « J’ai vécu un moment précieux le 21 juillet, comme spectatrice de votre pièce ; « Léon le Libraire », dans un partage intimiste, sensible et enjoué autour du métier de libraire. Henri n’est pas qu’un artiste accompli, c’est surtout un merveilleux magicien, passeur d’émotions empreintes de poésie et d’un humour habillement aiguisé. Bien mieux qu’une conférence, une antidote contre le pessimisme et la résignation : oui la culture et l’éducation populaire auront la vie dure ».
Durant quelques soirées d’été, il poursuivra la présentation de son livre ; un traité intitulé : « Conseils facétieux à l’usage des vrais libraires », en le présentant , et surtout en le représentant sous la forme d’ une pièce de théâtre : ici – un seul en scène – dans un jardin de l’île, à la tombée de la nuit. En quoi, me demanderez vous, consisteront ces conférences spectacle, joyeusement érudites ou l’on découvre que dans une librairie , on ne vend pas seulement des livres, mais on provoque, aussi et surtout, des rencontres. Pour cela Léon ne demande finalement que peu de choses, laissons le parler :
- Un jardin ( les grands salons seront réservés aux longues soirées d’hiver.)
- Une vingtaine de personnes et davantage si le cœur vous en dit .
- Quelques chaises ; une bonne assise facilite le confort des oreilles.
- Des invités ayant le goût des mots, des livres, des idées… et de la conversation.
- Que chacun apporte ce qu’il juge nécessaire au bonheur des corps, puisque Léon se chargera volontiers de celui de l’esprit.
- Un chapeau ou chacun déposera , librement le tintement de son plaisir .
- Et enfin… inviter Léon.
Une fois les modalités matérielles du spectacle énoncées ; laissons Léon présenter son spectacle :
« Mesdames, Messieurs, vous allez assister à une conférence essentielle, donc parfaitement inutile, au cours de laquelle en tant que libraire, j’aimerai vous révéler, enfin les lois secrètes de ma profession. Vous y apprendrez, preuves à l’appui, qu’un bon libraire ne lit pas, n’écrit pas et conseille parfois des livres qu’il n’a jamais ouverts. Une telle performance suppose une discipline exigeante, requiert sang-froid, intuition et un solide sens du panache ! Afin de ménager vôtre confort intellectuel, et en tant que conférencier, je prendrai soin de vous distribuer à l’avance des questions auxquelles je m’emploierai à répondre, vous permettant, ainsi de savourer sereinement ce moment de pédagogie approximative. Derrière ces faux conseils et ce sérieux plus que suspect, la librairie y apparaitra comme un lieu étrange, peuplé de livres impatients, d’auteurs remuants, et de lecteurs qui ignorent encore que leurs prochaines lectures les attendent, peut-être sagement sur une étagère. »
Alors chères amies lectrices et chers amis lecteurs, n’hésitez pas à ouvrir vos jardins, à installer vos chaises et à tendre la main à cet attachant affabulateur qu’est Léon. Comme nous l’avions écrit lors d’un précédent article, le texte proposé et écrit par Henri Mariel n’ est pas seulement un texte poétique, c’est aussi un texte intelligent. Et si l’on voulait analyser de plus prêt les choses, il ne serait pas difficile de voir dans cette fable un conte philosophique. Il semblerait, en effet que dans sa librairie, Léon interroge son rapport aux livres . Mais pas seulement, tel un philosophe, Léon va plus loin et interroge son rapport aux textes .
En effet, les noms de grands auteurs sont cités par Léon lors de la représentation théâtrale ; Proust, Camus, Aragon, Colette… Autant de textes et donc, autant d’auteurs éloignés littérairement, philosophiquement, ontologiquement les uns des autres, à l’univers littéraire et scripturaire particulier ? Et ou chaque livre, chaque textes représentent et signifient un univers propre à chacun.
Le lecteur, et donc le libraire peut-il relationner de la même manière avec chacun de ces textes Certainement pas ! Bien sûr, une lecture littéraire critique nous indiquerait les fondamentaux et la spécificité de chaque univers, mais est ce là le rôle du libraire ? Afin de répondre à de tels défis, Henri Mariel , conscient de la complexité des choses, préfère imaginer son Léon Libraire en vendeur de rêves, et en poète. Il s’agit par là, à travers la poésie, de faire cheminer les spectateurs dans les méandres de la littérature ! Mais toute littérature n’est elle pas elle-même une poésie des choses ?
Léon le libraire soigne le mal par le mal ( si tant est que la dimension poétique de la littérature soit un mal!), face à la complexité des textes, des textes littéraires, ou autres, face à la dimension symbolique des écrits, des histoires, des romans, Léon répond par une mise en scène métaphorique des livres de sa librairie . Ses livres ne sont plus uniquement des objets, simplement posés sur une étagère, ils prennent place dans un récit imaginé par Léon, où ils deviennent des acteurs qui dialoguent avec les futurs lecteurs. Et c’est là que Léon trouve toute sa place; il organise un premier dialogue avec les livres, en les ayant préalablement parcourus (plus ou moins d’ailleurs), et après avoir compris, plus ou moins d’ailleurs, qui sont les futurs lecteurs, il organise une médiation entre ces derniers et les textes. Le libraire aide ainsi les lecteurs à s’inscrire dans le récit préalablement proposé par les livres.
Ainsi tout libraire serait il, plus qu’un vendeur de livres, plutôt un médiateur de textes, un : « obsédé textuel » qui saurait, ainsi partager sa passion pour les signes, les symboles, les textes ? En ce sens les libraires apparaissent comme des êtres fondamentalement philosophes ; n’est -ce pas le philosophe Paul Ricoeur qui étudie de très prés la place et le rôle que jouent les textes dans notre rapport au monde, en déclarant : « Nous sommes au monde par la médiation des signes, des textes, des symboles et des œuvres. » C’est ainsi que Léon pourrait, lors de son spectacle aller encore plus loin dans sa réflexion, déjà très largement amorcée par le texte de sa pièce :
« Lire ou ne pas lire les livres, les textes » ?
Et puis :
« Être ou ne pas être un texte » ?
Et donc :
« Être ou ne pas être un libraire » ?
Qu’est-ce qu’un texte littéraire qui devient un livre, puis un roman à succès , sinon une suite de signes, une suite de textes ? Qu’est-ce qu’un signe sinon une simple trace laissée par une plume sur le papier, le bâton sur le sable par un petit enfant ? Et que se joue – t- il dans cette transmutation, où ces simples signes, alignés les uns après les autres font , soudain sens et deviennent des prix littéraires ? Une telle réflexion peut, à priori sembler absurde, mais pourrait nous entraîner vers de nouveaux paysages textuels, de nouveaux horizons poétiques, de nouvelles métaphores… D’ailleurs, les enfants de maternelle le savent bien lorsqu’ils cheminent vers l’écriture, vers 4 ans déjà, présentant des feuilles ou s’alignent des lettres et chiffres à l’envers, ils écrivent ! Et si leurs écritures pour ces derniers font sens, qu’importent pour ces enfants si les adultes ne peuvent les lire et y mettre du sens, eux, ils ont écrit et c’est tout ce qui compte !
Allez voir Léon le Libraire dans les jardins de l’île d’Yeu, afin de vous confronter aux textes, afin d’interroger votre rapport aux signes, aux textes et aux livres !
La langue de Léon est belle…
Ouvrez vos jardins, préparer vos chaises et ajuster vos lunettes, ainsi que vos oreilles !
La langue de Léon est belle…
Christel Eveillé et Léon le libraire
Pour vos propositions de jardins, votre proposition d’ accueil, veuillez joindre Léon allias, Henri Mariel et la « Fabrique du livre » au 06 71 51 62 67 .
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