Poèmes d’été

marée descendante


des passereaux se chamaillent le long de la laisse

d’algues


de loin je les regarde


sur la mer des pépites d’argent en pagaille

adossé à la chevelure des chatons


champ d’or paille caressé par le vent


un moucheté de fleurs bleu céleste pose des gouttes de lune sur le dos cramoisi de la dune

Dans le jardin, l’herbe haute laissée pour les petites bêtes a roussi, des tiges sèches se craquellent en tournicotis. Sous mes pas crissent les brins tondus. À la nuit, les premières gouttes de pluie s’évanouissent sur le toit. Leur moelleux apaise la surchauffe du jour.

Après l’étale, explosion de la mer à la renverse. Des montagnes se gonflent, déroulent leurs bourrelets, s’esclaffent contre les rochers, jettent au ciel leurs lambeaux d’écume. Les vagues raclent les cailloux de la plage, creusent des falaises dans le sable. Ça graille, ça souffle, ça tonne, ça gronde, ça roule, ça tape, ça chuinte.

entre mer et désert


la plage du But


condensé d’immensité

ni vague ni vent


le soleil tonne pour l’éternité

Monik Malissard

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