Est-ce que tu sais qu’il y a des milliers de graines dans une seule capsule de coquelicot ? J’en ai semé partout, mais ça n’a pas poussé. Mais j’ai continué, dit une petite fille blessée à un vieil homme, parce que ce serait accepter un chemin sans coquelicot.
Elle ne lui dira jamais la vérité sur l’origine de la cicatrice barrant son visage, elle lui inventera des carabistouilles qui, sans lui faire oublier le crabe qui le dévore de l’intérieur, le ramèneront en enfance. Ensemble, dans un monde en ruine peuplé d’êtres aux âmes vides, ils vont s’offrir l’un à l’autre le cadeau de la Rencontre en majuscule.
Poésie. Les mots ont parfois des étymologies inattendues. Celui-ci vient du grec, il signifiait « faire » et se reliait à l’artisanat de la poterie. Toutes les grandes épopées, les mythes, les histoires se transmettaient de maisonnée en maisonnée par le biais de vases, d’aiguières, d’objets divers. Cette nécessité de l’imaginaire, du voyage intérieur, du rêve qui propulse l’humain dans un en -dehors de lui-même est vieille comme le monde. Elle est aujourd’hui plus essentielle que jamais.
Ils rêvaient un sourire aux lèvres, se prenaient par la main, ceux venus écouter Clément Bertrand réciter des extraits de son magnifique texte accompagné par le violoncelle de Chloé Girodon à la Librairie À Contre Courant, le 27 juillet dernier.
À votre tour, lisez ce texte, récitez-le à haute voix, emplissez-vous les yeux des photographies de Pierrick Guidou. Bon voyage !
Marie-Laure de Cazotte
L’ouvrage est disponible sur l’île d’Yeu à la maison de la presse et à la Librairie À Contre Courant (12€)
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