Le GENOV veut faire travailler les saisonniers… de la mer à la montagne

© Mairie de l'île d'Yeu

Le Groupement d’employeurs Nord-Ouest Vendée (GENOV) développe un dispositif permettant aux saisonniers de travailler l’été sur les îles vendéennes et l’hiver dans le Pays du Mont-Blanc. Deux salariés ont déjà intégré le dispositif. Six autres candidats attendent une confirmation de poste. Mais entre logement, rémunération et changement de rythme, cette coopération reste encore à construire.

Et si la saison d’été ne marquait plus nécessairement la fin d’un contrat ? C’est le pari du dispositif « Mer-Montagne », porté par le Groupement d’employeurs Nord-Ouest Vendée (GENOV). Les 24 et 25 septembre 2026, élus et acteurs économiques de Noirmoutier, de l’île d’Yeu et du Pays du Mont-Blanc se sont réunis pour une première rencontre interterritoriale consacrée à l’emploi saisonnier. Travailler l’été sur le littoral vendéen, puis rejoindre une station de montagne pendant la saison hivernale. Un moyen, pour le GENOV, de répondre aux difficultés de recrutement des entreprises tout en offrant aux salariés la possibilité d’allonger leur période d’activité : « projet économique certes, mais une fusée à plusieurs étages avec surtout le partage d’expériences », résume Estelle Gillet, directrice du GENOV.

Deux salariés déjà en poste

Le dispositif est toutefois encore jeune. La convention entre les territoires a été signée en 2025 et le GENOV est actuellement dans sa phase de déploiement. Deux salariés sont aujourd’hui concernés : un conseiller en séjour et un réceptionniste. Six autres candidats originaires de Noirmoutier et de l’île d’Yeu souhaitent partir, mais attendent encore la confirmation de postes dans les établissements du Pays du Mont-Blanc. Côté montagne, deux entreprises sont actuellement adhérentes au dispositif. Quatre nouvelles adhésions sont en cours de négociation. Les métiers ciblés sont variés : « conseillers en séjour, réceptionnistes, seconds de cuisine, conducteurs de bus, employés de location de vélos ou de skis, animateurs jeunesse, employés polyvalents dans le commerce alimentaire, agents de billetterie ou encore conducteurs-grutiers ». Selon Estelle Gillet, l’ensemble de ces métiers connaît des difficultés de recrutement. Le GENOV prévoit également d’élargir les professions concernées en fonction de l’évolution du projet et des besoins des entreprises.

Des élus impliqués dans le recrutement

Le dispositif ne repose pas uniquement sur les employeurs. Les élus et acteurs locaux participent également à l’identification et au recrutement des candidats. Pour Séverine Ballyot, responsable de la Maison de l’emploi de Noirmoutier, construire progressivement une nouvelle approche de l’emploi saisonnier est primordiale : « on sème des graines pour sécuriser et encourager l’employé saisonnier. » Notamment en attirant des profils de tous âges en leur permettant d’enchaîner plusieurs saisons. Mais le rythme reste soutenu. Estelle Gillet estime qu’un parcours de ce type peut s’envisager sur trois ou quatre ans, à condition que le salarié et les entreprises puissent tenir ce rythme dans la durée.

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Une première année encore saisonnière

Le fonctionnement du dispositif mérite toutefois une précision importante. La première année, le salarié n’est pas automatiquement rémunéré toute l’année. Il travaille sous contrat saisonnier durant la période estivale, généralement d’avril à fin octobre, puis sous contrat saisonnier d’hiver, de décembre à fin mars. Une interruption de rémunération intervient donc en novembre. Si l’expérience fonctionne pour le salarié comme pour les entreprises, celui-ci peut ensuite évoluer vers un CDI. Il peut alors être rémunéré toute l’année et bénéficier de congés payés pendant les intersaisons. Ces périodes peuvent également être utilisées pour suivre des formations. La rémunération peut par ailleurs différer entre les deux saisons. Le GENOV indique rechercher autant que possible une rémunération équivalente lorsque le salarié occupe le même poste à la mer et à la montagne. Mais les situations varient selon les fonctions et les établissements. Certains avantages, comme les titres-restaurant, peuvent également différer. Le salarié est informé de ces conditions au moment de la signature de son contrat.

Le logement, une question cruciale

Sur les îles comme dans les stations de montagne, l’emploi saisonnier se heurte à une difficulté importante : celle de trouver un logement. À l’île d’Yeu, le maire Patrice Bernard rappelle que la commune met chaque année « 48 logements à disposition des saisonniers ». Un effort important, alors que le besoin de logements à l’année est estimé à 130 logements. Mathieu Riou, adjoint à la vie économique et aux bâtiments communaux, mais aussi dirigeant de l’entreprise Riou Frères et membre actif de l’Association Islaise des Artisans du Bâtiment, souligne les risques pris lorsqu’un employeur met un logement à disposition d’un salarié. Le propriétaire doit notamment avoir la garantie que le logement sera rendu dans de bonnes conditions à la fin de la saison. Dans le cadre du partenariat Mer-Montagne, la convention prévoit que chaque territoire facilite l’accès au logement saisonnier. Certains postes sont directement logés par l’entreprise. Pour d’autres, un logement à loyer modéré peut être proposé. Les modalités dépendent donc du poste et de l’entreprise. Le GENOV affirme être particulièrement vigilant sur la qualité des logements proposés. François Paris, vice-président de la Communauté de communes du Pays du Mont-Blanc, a également évoqué les dispositifs prévus dans le cadre de la loi Montagne et les conventions relatives au logement des travailleurs saisonniers. Un cadre sur lequel pourrait éventuellement s’appuyer les élus du littoral si une Loi îles venait à voir le jour.

100 € pour faciliter le déplacement

Passer de la mer à la montagne implique aussi de parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Le GENOV prévoit donc une aide forfaitaire de 100 € destinée à faciliter le déplacement des salariés. Au moment de son recrutement, le salarié est informé des deux établissements dans lesquels il est appelé à travailler. Mais le dispositif prévoit également des adaptations. Si la collaboration ne fonctionne pas dans l’un des établissements, le GENOV indique examiner la situation individuellement afin de rechercher une autre solution. Pour les entreprises, le recours au groupement permet également de mutualiser une partie de la gestion administrative et des ressources humaines. Le GENOV prend notamment en charge la relation contractuelle avec les salariés mis à disposition : « le risque prud’homal est porté par le GENOV », explique Estelle Gillet.

Un modèle encore à l’épreuve du terrain

Pour l’heure, Mer-Montagne reste encore une expérimentation à petite échelle. Le GENOV s’est fixé un objectif de 10 à 15 salariés fidélisés sur deux à trois ans, à l’horizon 2028. Pour Estelle Gillet, le projet dépasse toutefois la seule question du recrutement. Le GENOV entend en faire un « accélérateur d’expériences » pour les salariés, en permettant la découverte de nouveaux environnements professionnels et le partage des pratiques entre territoires. La mer et la montagne ont donc choisi de tenter l’expérience ensemble…

VL

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Dupont
01/10/2026 8:20 pm

Une belle initiative

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Moïsette