Qui est Carole Charuau ?

Crédit Photo: Une île en commun

Longtemps hésitante à l’idée de se présenter, la maire sortante de l’île d’Yeu a finalement revu sa position à l’automne, encouragée par le Département. À la tête de la liste sans étiquette Une île en commun, Carole Charuau se projette aujourd’hui dans un nouveau mandat, forte de l’expérience acquise et d’un engagement revendiqué pour l’avenir du territoire.

Des racines insulaires profondément ancrées

Fille d’une lignée de marins pêcheurs, Carole Charuau, 54 ans, évoque spontanément ses racines lorsqu’on l’interroge sur son parcours. Elle raconte celui de son père, Marcel Hennequin, qui a travaillé dès son plus jeune âge avec son frère Gaston avant d’ouvrir, avec son épouse, une poissonnerie à La Roche-sur-Yon : « c’est pour cette raison que je suis partie de l’île à l’âge de six ans », explique-t-elle. Son père terminera sa carrière comme mareyeur : « la pêche est dans l’ADN de la famille. » Impliqué dans la vie locale, il a également été conseiller municipal à La Roche-sur-Yon : « nous sommes trois sœurs. L’une vit sur l’île, l’autre sur le continent. »

Un parcours universitaire avant le retour sur l’île

Après un DEUG à Saint-Nazaire, puis une licence et une maîtrise en administration économique et sociale (AES) à Nantes, Carole Charuau passe un concours avec l’ambition de devenir professeure des écoles : « j’ai beaucoup aimé la vie universitaire, que je trouvais plus apaisée qu’aujourd’hui. » Elle se marie et revient vivre sur l’île d’Yeu à 27 ans, où le couple ouvre un garage automobile familial, après en avoir tenu un à Nantes. Elle devient mère une première fois en 1998, puis une seconde en 2001.

Une entrée en politique progressive et accompagnée

Son engagement politique débute en 2008, à l’initiative d’André Taraud, qui la convainc de se lancer en s’appuyant sur ses attaches familiales. Elle rejoint alors l’équipe de Bruno Noury comme conseillère municipale : « j’étais en bout de liste. J’attendais que mon mari débauche pour pouvoir assister aux réunions », se souvient-elle. Elle siège en commission du CCAS auprès de Mireille Boutet. Bruno Noury lui accorde rapidement sa confiance : « il a été le fer de lance de mon parcours politique. Il avait perçu mon appétence pour la vie publique. » En 2011, Bruno Noury l’invite à devenir sa suppléante au conseil départemental. Élue conseillère départementale à part entière en 2015, elle choisit Anne-Claude Cabilic comme suppléante. En 2020, elle devient première adjointe du maire, multipliant les dossiers et les temps de présence.

Un engagement fort pour les familles et l’école

Parallèlement à ses mandats, Carole Charuau s’implique dans la vie scolaire. Déléguée de parents d’élèves, elle crée l’Association des parents d’enfants en difficulté scolaire (APED), qu’elle préside durant plusieurs années : « les dossiers MDPH sont toujours très difficiles à renseigner. Il y avait beaucoup de colère liée au sentiment de ne pas être entendus. » L’association devient une cellule d’écoute avant de mener un travail de plaidoyer : « grâce à notre mobilisation, les élèves ont pu bénéficier de l’accompagnement d’une enseignante spécialisée. »

Des liens assumés avec le Département et le continent

Conseillère départementale, Carole Charuau insiste sur la qualité des relations avec les institutions continentales : « je fais partie de la majorité départementale, ce qui permet de rester écoutée. Bruno Noury avait su s’imposer, et l’arrivée d’Alain Leboeuf a marqué un tournant. Le Département dispose d’une ingénierie précieuse pour un territoire comme le nôtre. Les relations sont aujourd’hui saines et fluides. »

Le choc de la succession et l’apprentissage du rôle de maire

Le décès de Bruno Noury constitue un moment charnière de son parcours : « ça a été très dur, je ne veux pas le nier. Bruno n’avait pas eu le temps de me transmettre tout ce qu’il aurait fallu. J’ai dû prendre le train en marche. » Propulsée dans la fonction de maire pendant deux ans, elle traverse une période de doute avant de trouver un nouvel équilibre : « être maire est une mission très intense, mais tellement passionnante. Aujourd’hui, j’ai une vision plus claire de ce qui m’attend. »

Une équipe et des partenaires pour tracer l’avenir

Logement, transition écologique et qualité du vivre-ensemble figurent au cœur du projet porté par la liste Une île en commun. Le pôle culturel illustre cette ambition : « c’est un lieu intergénérationnel, mais aussi un espace de rencontre entre résidents permanents et secondaires. » Carole Charuau souhaite également ouvrir davantage la gouvernance locale à travers des commissions élargies, tout en reconnaissant la complexité du territoire. Si elle affirme entretenir de bonnes relations avec Patrice Bernard, élu d’opposition et candidat déclaré, elle exprime néanmoins des désaccords sur le volet de l’urbanisme : « j’aimerais élargir les perspectives architecturales de l’île, aujourd’hui trop contraignantes». Elle défend une vision fondée sur l’ouverture et l’équilibre entre développement et préservation du cadre de vie. Pour mener son projet, la liste Une île en commun entend s’appuyer sur de nombreux partenaires institutionnels, tels que la Région, le Département, la DDTM et la DREAL, ainsi que sur l’Association des Îles du Ponant, dont elle est vice-présidente : « il est essentiel de travailler en bonne intelligence et d’éviter l’entre-soi. » L’équipe est désormais constituée et se dit prête à défendre ses orientations et à assumer ses choix.

Propos recueillis par V.L

Views: 363

0 0 votes
Évaluation de l'article
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire