Interview des candidat(e)s aux élections municipales de l’île d’Yeu
Question 7 : Quelle première mesure concrète pour les actifs et les jeunes allez vous mettre en place dans le cadre de votre politique du logement ?
Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : Lancer des opérations d’aménagement et poursuivre ce qui a été lancé. J’ai ciblé différentes zones pour réaliser une nouvelle entité d’habitat collectif. Nous menons une politique du logement depuis 20 ans. Nous sommes quatre dans mon équipe à être présents depuis 2001. Nous avons toujours cette volonté de réutiliser le bâti existant. Les Zones d’Aménagement Concernées permettent d’appliquer des permis de lotir, comme à la Chironnière. Je pense que nous avons une carte à jouer avec toutes les entreprises de l’île. Nous avons accueilli les entreprises extérieures à bras ouverts sur l’île d’Yeu, face à la demande. Il y aura, demain, moins de permis de construire sur l’île. L’enjeu sera d’avoir des entreprises Islaises qui puissent y répondre, sans avoir la volonté de faire des tours en plastique ou des murs en canexel. La typologie architecturale de l’île restera la même qu’aujourd’hui. Nous aurons par contre beaucoup plus de souplesse à l’arrière de la maison. Nous avons un mille-feuille de contraintes au niveau de l’urbanisme.
Carole Charuau (Une île en commun) : Ça peut être un foyer de jeunes travailleurs si on en a la possibilité, dans tous les cas, les actifs primo accédants auront toujours la priorité sur les lotissements.
Laure Barault (Nous Vous l’île) : Nous nous appuierons sur la Stratégie Locale de l’Habitat. En ce sens, nous ferons un diagnostic précis des demandes de logements afin de répertorier quels sont les catégories et types de logements plébiscités, inventorier le nombre de logements en cours de réalisations pour du logement à l’année, identifier et réhabiliter les logements communaux qui pourraient être loués pour les saisonniers et à l’année. Continuer à inciter les propriétaires à la remise en location à l’année et prendre contact avec les bailleurs sociaux de Vendée pour créer du logement social, nous avons beaucoup de retard.
Question 8 : Etes vous prêt(e), oui ou non, à contraindre les résidences secondaires ?
Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : Nous devons prendre le temps d’analyser les effets de chaque mesure sur les finances communales. Si certaines taxes peuvent être ajustées sans fragiliser les investissements, nous le ferons. Mais nous resterons dans le cadre des règles nationales et travaillerons avec les îles du Ponant pour faire évoluer les dispositifs. Si on peut baisser la surtaxe d’habitation, on le fera, car ce n’est pas gravé dans le marbre.
Laure Barault (Nous Vous l’île) : Le produit de la majoration de la taxe d’habitation a été intégré dans le budget de 2026. Je ne vois donc pas comment l’on pourrait nous en passer, au vu de l’état actuel des finances. Nous rendrons compte de l’argent utilisé. Et oui par l’application de la Loi Lemeur concernant les nouvelles constructions en résidence secondaire.
Carole Charuau (Une île en commun) : Oui, vis-à-vis de la servitude, ils ne pourront plus construire du nouveau bâti, mais pourront toujours faire de l’extension de leur maison ou de la réhabilitation, il n’y a pas de soucis là-dessus. La plupart des résidents secondaires le font déjà en achetant de l’existant. C’est une mesure à petit impact certes, mais au moins, l’île sera sanctuarisée. Nous devons faire de la pédagogie, nous n’avons pas instauré la hausse de la THRS pour embêter les propriétaires, nous l’avons fait pour favoriser les habitants qui cherchent à se loger sur le long terme à l’année. Il y avait une urgence, car si on n’a pas de stratégie, les résidents secondaires eux-mêmes en seront impactés in fine. Il n’y aura plus d’entrepreneurs, plus de saisonniers, plus de service.
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