Interview des candidat(e)s aux élections municipales de l’île d’Yeu
Question 11: L’insularité rend la transition écologique à la fois nécessaire et contraignante. Êtes-vous prêt(e) à imposer des changements de pratiques, même s’ils sont impopulaires ?
Laure Barault (Nous Vous l’île) : Nous intégrerons dans la révision totale du PLU des règlements lié à la transition écologique. Il faut évoluer et s’adapter à la situation actuelle.
Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : L’île est déjà protégée à près de 40 %, ce qui est une richesse mais aussi une contrainte. Nous ne pourrons pas mettre plus de protection. Notre priorité sera la biodiversité et la gestion des espaces naturels, notamment en limitant les espèces invasives et en entretenant les zones sensibles. Il faudra aussi agir contre les risques d’incendie, pour cela nous demanderons aux propriétaires d’entretenir leurs parcelles, la loi les y oblige. Nous sensibiliserons également la population aux nuisibles qui menacent l’équilibre naturel comme les frelons asiatiques ou les rats.
Carole Charuau (Une île en commun) : Nous le ferons, dans le long terme. Nous sommes aidés en ce sens par le BRGM, une agence d’État, que l’on paie 200 000 € subventionnés à hauteur de 80 % pour établir une étude sur deux ans. Nous ne ferons pas cette transition écologique seuls, nous allons travailler avec les organisations environnementales locales. J’aimerais pouvoir faire comme à la Rochelle en cas de submersion marine, installer des barrières qui se lèvent à chaque tempête et grande marée, pour ne pas inonder les caves du port.
Question 12: Si vous deviez choisir entre un investissement écologique et un service public existant, que privilégieriez vous ?
Laure Barault (Nous Vous l’île) : Si le service public est existant alors il n’y a pas de question à se poser, il faudra aussi faire des choix pour préserver l’environnement, nous rentrons dans une phase importante de changements climatiques.
Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : Nous refusons d’opposer l’écologie aux services publics. Les deux sont indispensables et doivent être pensés ensemble. L’environnement fera pleinement partie de nos priorités, mais sans jamais sacrifier les services essentiels aux habitants. L’adaptation au changement climatique passe avant tout par une meilleure gestion et un aménagement cohérent du territoire, comme l’entretien des marais et des fossés. La mer ne monte pas plus haut maintenant qu’il y a soixante ans. Les inondations sont liées à l’urbanisation. Nous voulons aussi développer des espaces verts tout en maîtrisant l’urbanisation et en conservant des trames vertes. Je tiens à souligner que nous avons une île avec une densité de construction qui reste très faible à la parcelle. Nous avons de l’étalement urbain, mais pas de concentration d’urbanisation. Les chiffres de la Stratégie Local de l’Habitat sont éloquents. Nous devrons construire au moins 300 logements dans les 10 ans qui viennent, via des initiatives privées ou publiques.
Carole Charuau (Une île en commun) : On différerait sûrement l’investissement écologique sur le long terme, si le service public est indispensable.
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