Questions aux candidat(e)s: l’insularité au quotidien


Interview des candidat(e)s aux élections municipales de l’île d’Yeu

Question 19 : L’insularité limite certaines solutions. Qu’est ce qui, selon vous, ne sera pas possible à l’île d’Yeu ?

Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : On ne pourra pas tout faire comme sur le continent. Certaines solutions, notamment en matière de transport, de santé ou de traitement des déchets, resteront plus coûteuses et plus complexes à mettre en place. L’enjeu sera d’adapter les politiques publiques à notre réalité insulaire, plutôt que de copier des modèles extérieurs qui ne correspondent pas à notre territoire. Nous imaginons que les entreprises du BTP vont devoir se serrer la ceinture, pour travailler en coordination avec la collectivité. Il va falloir maîtriser les coûts du transport et de la construction. Nous allons accompagner les entreprises Islaises pour répondre aux marchés publics. L’habitat vertical n’est pas possible à l’île d’Yeu, car nous sommes dans une configuration maritime et aérienne où l’on ne peut pas dépasser 4 à 5 mètres de haut. Le maire n’est pas maître de sa commune, il peut seulement orienter les choses, mais c’est l’État qui a le dernier mot.

Laure Barault (Nous Vous l’île) : Tout est possible, mais tout est plus compliqué. L’acheminement des matériaux pour le secteur de la construction engendre des surcoûts sur les chantiers, ce qui impacte l’accession à la propriété. Pour moi, rien n’est impossible, même si c’est plus difficile sur une île, il faut se battre, c’est tout.

Carole Charuau (Une île en commun) : Tout ce qui est lié à l’accès aux soins, car la vie peut vite devenir très compliquée lorsque l’on a des problèmes de santé. Nous n’avons pas pléthore de magasins, mais c’est bien, car on dépense moins, notre empreinte carbone est par conséquent moindre. Ça équilibre aussi le coût de la vie, qui est plus chère sur les îles. Tout ce que vous appelez contraintes liées à l’insularité est en réalité un mode de vie, une autre façon d’appréhender l’existence. On retourne à de vraies valeurs en vivant sur une île, il y a d’ailleurs beaucoup de continentaux qui devraient en prendre de la graine. Il y a une douceur de vivre dans les îles que l’on ne retrouve pas ailleurs. C’est le respect de ce rythme qui fait la richesse de l’île d’Yeu, en plus de la solidarité.

Question 20 : Avez-vous le sentiment que l’île d’Yeu est suffisamment entendue aujourd’hui ?

Laure Barault (Nous Vous l’île) : Pas en ce qui concerne nos problématiques insulaires. Je suis présente dans les commissions du Département, je sais nouer le dialogue, je ne suis pas fermée, je souhaite travailler avec eux, en bonne intelligence, même si nous avons parfois des désaccords, comme sur le sujet des Ehpads par exemple. C’est plutôt sain, pour la démocratie. L’île d’Yeu doit être force de proposition. Elle ne peut pas être sortie des politiques publiques départementales, c’est la règle, par équité, pour toutes les communes vendéennes. L’île d’Yeu bénéficiera de toutes les aides et subventions départementales, si elle coche les cases sur les dossiers. Nous devons porter les spécificités de l’île d’Yeu au Département. Pour cela, il nous faut des dossiers en béton afin d’être forces de persuasion. 

Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : Non. Aujourd’hui, l’île d’Yeu manque de poids face aux grandes collectivités. C’est le pot de terre contre le pot de fer. Nous devons renforcer le dialogue avec la Région et le Département pour être mieux entendus et mieux accompagnés.

Carole Charuau (Une île en commun) : Oui, quand même, je trouve. J’ai un peu honte au département, car l’on est le plus petit canton de la Vendée et parfois, nous avons des réunions entières sur les problématiques de l’île d’Yeu. Il y a dix-sept cantons dans le département, des centaines de milliers d’habitants, nous sommes 5000 habitants à l’île d’Yeu, on est un peu comme le chouchou. Alain Lebœuf passe beaucoup de temps pour nous défendre auprès du préfet et d’autres instances. On est bien écoutés.

Question 21 : Quelle demande précise porteriez-vous en priorité auprès du Département ou de la Région ?

Patrice Bernard (M’YEU Ensemble) : Les rencontrer, dialoguer, avoir une meilleure écoute, la Région est devenu la compétence de notre transport, nous devons travailler en bonne intelligence.

Carole Charuau (Une île en commun) : Le maintien de la liaison aérienne, sans hésiter. Tout ce qui est aide à la pierre également, demander une loi sur les îles pour que les bailleurs sociaux aient moins de contraintes. Ils ont des plafonds, ils ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent. Il y a effectivement des efforts à déployer en termes d’entretien du parc de logement social existant. Vendée Habitat, c’est aussi l’Ehpad, et là, il y a du boulot. Il y a une demande forte de notre part pour qu’il soit un partenaire fiable. Ils attendent les élections pour avoir un projet précis sur ce qui sera demandé.

Laure Barault (Nous Vous l’île) : La possibilité de reconsidérer le nombre de place à l ’Ehpad, voire un possible partenariat, et faire en sorte de maintenir notre liaison aérienne.

Views: 489

4.6 5 votes
Évaluation de l'article
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire