Magali Martinet, une gendarme chevronnée à la tête de la brigade de l’île d’Yeu

L'adjudante-cheffe Magali Martinet, commandante de la brigade territoriale autonome de l'île d'Yeu. Crédit photo: Valentine Lanave

Engagée dans la gendarmerie depuis plus de vingt ans, l’adjudante-cheffe Magali Martinet a pris le commandement de la brigade territoriale autonome de l’île d’Yeu avec une ambition claire : conjuguer proximité, fermeté et prévention, dans un contexte insulaire particulier.

Gendarme adjointe volontaire dès 2003 à Saint-Astier, après une formation en restauration, Magali Martinet rejoint rapidement Toulouse, toujours au sein de la gendarmerie. En 2008, elle intègre l’école de sous-officiers de Montluçon, avant d’être affectée dans l’Oise : « j’ai commencé par la compagnie de Méru, à la brigade de MOUY jusqu’en 2013 », précise-t-elle. Une mutation plus tard, elle rejoint pour dix ans la brigade territoriale autonome de Senlis, où elle obtient sa qualification d’officier de police judiciaire. En 2023, elle est mutée à la compagnie de Chantilly, dans un secteur marqué par une forte délinquance.

En 2024, Magali Martinet fait le choix d’un détachement de quatre mois en Guyane, dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal : « c’était vraiment une expérience enrichissante, une déconnexion totale. Je la recommande à tous les gendarmes », confie-t-elle. Cette expérience renforce son envie de servir dans un territoire isolé, au fonctionnement différent.

C’est dans cet esprit qu’elle choisit l’île d’Yeu : « je ne connaissais pas l’île, c’était un bon compromis pour être à la fois proche de ma famille sur le continent tout en vivant l’insularité. » Elle souligne toutefois les spécificités du territoire : « le plus compliqué, c’est la dynamique relationnelle avec la population. Lorsqu’il se passe quelque chose, cela peut vite prendre de l’ampleur car tout le monde se connaît. Mais si les rapports sont bons, cela facilite aussi énormément notre travail. »

Âgée de 42 ans et forte de précédentes expériences de commandement, l’adjudante-cheffe souhaitait relever le défi de l’isolement géographique sur une durée longue, « trois à cinq ans ». À la tête d’un effectif restreint, six sous-officiers et deux gendarmes adjoints, et sans possibilité de renforts immédiats, le commandement sur l’île diffère sensiblement de celui exercé sur le continent : « on ne peut pas être dur, on ne peut pas être trop souple. Il faut trouver un juste milieu : j’ai besoin d’eux et ils ont besoin de moi. » En période estivale, la brigade est renforcée par douze gendarmes saisonniers, accueillis grâce à des logements mis à disposition par la mairie : « nous avons une excellente entente », souligne-t-elle.

Les violences intrafamiliales constituent la priorité de la commandante de brigade. Depuis son arrivée en septembre 2025, plusieurs procédures ont déjà permis l’attribution de logements d’urgence. Elle salue la « réelle fluidité » et la grande réactivité de la mairie sur ce sujet : « j’en suis très satisfaite, c’est typique de l’île : les partenariats avec les acteurs et organismes fonctionnent très efficacement. » Elle insiste également sur l’importance d’accompagner les victimes dans la prise de conscience de leur situation : « certaines personnes sont sous emprise et craignent de se retrouver seules ou de ne pas s’en sortir. »

Magali Martinet encourage les victimes à se tourner vers les associations d’aide aux victimes : « notre travail est de traiter les procédures très rapidement pour que les comptes rendus au parquet soient établis. Il y a des réponses pénales, voire des déferrements devant le tribunal. Les accusés peuvent faire l’objet d’interdictions de contact. » En contexte insulaire, des interdictions de territoire peuvent également être prononcées, obligeant les conjoints violents à quitter l’île.

Attachée au lien avec la population, la commandante de brigade revendique une approche fondée sur la proximité et le partenariat : « je trouve que cela se perd sur le continent. Ici, c’est un peu la gendarmerie à l’ancienne, et c’est ce que j’apprécie. » La lutte contre les stupéfiants figure aussi parmi les priorités à venir : « je n’ai pas encore assez de recul pour savoir si ce sera plus simple qu’ailleurs, mais je sais qu’il y a de quoi faire. » Des contrôles renforcés seront notamment mis en place durant l’été.

Consciente des spécificités locales, Magali Martinet conclut avec un message clair à destination des habitants : « vous pouvez compter sur la gendarmerie pour tous les aspects de la vie quotidienne. Il suffit de venir nous voir. Nous sommes là pour la prévention, mais aussi pour sanctionner afin de préserver la sécurité de chacun. Nous serons toujours à l’écoute. »


Propos recueillis par V.L

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