À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’association « La Collective » a proposé une série d’événements pour sensibiliser aux enjeux de l’égalité femmes-hommes, dans un territoire où les inégalités, comme ailleurs, demeurent bien présentes.
Une mobilisation née du collectif et du partage
Entre le 6 et le 8 mars, de la place la Pylaie au pôle culturel, en passant par le cinéma, des voix se sont élevées. Certaines ont hésité, d’autres se sont affirmées. La Collective a organisé plusieurs actions: le concert du choeur de femmes, une exposition retraçant l’histoire des droits des femmes, des jeux éducatifs sur les stéréotypes de genre, la création d’un film d’animation, une lecture d’extraits du livre de Virginie Despentes King Kong Théorie, la projection des Suffragettes, et même un concert en première partie du groupe The Buttshakers: « Nous avons reçu un super accueil, il y avait du monde. Nous avons voulu attirer l’attention sur cette thématique, être présentes dans l’espace, et montrer ce que l’on peut faire ensemble », racontent Clotilde et Marjorie.
Derrière cette dynamique, une structure encore jeune. Née en 2025 du désir de célébrer le 8 mars et de l’envie de chanter un répertoire explicite, l’association s’est formalisée en septembre dernier: « Nous sommes sept femmes dans le bureau, pour une soixantaine d’adhérentes, principalement des choristes », précise Clotilde.
Un espace pour expérimenter autrement
La Collective a fait le choix de la non-mixité, pour créer « un espace où l’on peut expérimenter d’autres façons d’être et de faire ensemble, de parler, d’échanger, de créer. On ne mesure pas toujours à quel point on est conditionné, en tant qu’homme et que femme, à se mettre en avant ou en retrait. » Une décision qui n’a pas fait l’unanimité: « Certaines femmes ne s’y sont pas retrouvées, mais nous assumons ce choix. Ce n’est pas contre les hommes, ceux qui sont pour l’égalité peuvent être de véritables alliés. Mais c’est tout un apprentissage : être présent, soutenir, sans décider. »
Sur cette île de 5000 habitants, prendre la parole publiquement peut être un défi : « lorsqu’on est en groupe, on se sent plus forte ». Au fil des ateliers, des répétitions, des rencontres, quelque chose se déplace. Dans les familles, dans les couples, dans les conversations du quotidien. Une dynamique discrète, mais bien réelle.
Quand le chant relie et libère
Chaque dimanche matin, à la salle des Chorales de la Citadelle, la chorale réunit des femmes de tous âges. On y vient pour chanter, mais aussi pour autre chose : « Il y a une atmosphère chaleureuse et vivifiante. À travers le chant, quelque chose nous relie collectivement, et ça passe aussi par le corps. Que les émotions soient tristes ou gaies, les traverser dans cet espace sécure est très libérateur. Et finalement, stimulant et joyeux. »
Ce qui devait être, au départ, une simple action de visibilité pour le 8 mars a pris une tout autre ampleur : « À travers nos représentations, dans les retours que nous recevons, il se passe quelque chose de l’ordre de la prise de conscience. Ça nous grandit, et ça nous dépasse» .
Et chaque dimanche en amont des concerts, de 11h00 à 12h30, La Collective ouvre ses répétitions à toutes celles qui en ont envie, quelle que soit leur aisance pour chanter : « On aime les casseroles. On les accueille à bras ouverts. »
Pour les rejoindre, n’hésitez pas à les contacter : lacollectiveyeu@tutamail.com
Valentine Lanave
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