Chiens en divagation sur l’île d’Yeu : Estelle et Lucas tirent la sonnette d’alarme

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Après avoir recueilli une vingtaine de témoignages, le jeune couple souhaite constituer un collectif de victimes et saisir la sous-préfecture. Le maire rappelle de son côté le rôle de la police municipale et la responsabilité des propriétaires, tout en reconnaissant la nécessité de faire un bilan du dispositif.

Au départ, ce n’étaient que des chiens qui traînaient dans les rues. Lorsque Estelle Escobar et Lucas Tonnel ont emménagé dans leur nouveau quartier, il y a deux ans, ils avaient remarqué leur présence du côté des Sicardières, sans y voir une situation particulièrement préoccupante. Puis les attaques ont commencé à se multiplier : « nous nous sommes penchés sur la question depuis l’hiver dernier », explique Lucas Tonnel. Le véritable déclic intervient toutefois au début de l’été, lorsqu’un chat du voisinage est attaqué pendant la nuit : « un autre voisin avait entendu des chiens, à une heure du matin, attaquer un chat. C’était celui de notre voisin, qui a dû être euthanasié malgré plusieurs opérations », raconte Estelle. À partir de cet épisode, Lucas décide de lancer un appel à témoignages sur Facebook. Une vingtaine de personnes lui répondent. Huit d’entre elles se sont notamment rendues à la gendarmerie ou à la police municipale, selon le couple : « tout a été classé sans suite », affirme Lucas, qui estime que plusieurs témoignages font état des mêmes chiens impliqués dans différentes attaques.

Des chats, mais aussi des animaux d’élevage

Pour Estelle et Lucas, le phénomène ne concerne pas uniquement les chats domestiques. Ils citent également plusieurs animaux d’élevage victimes d’attaques : « les poulets de la Ferme du Coq à l’Âne, les moutons de la ferme d’Émilie, ces animaux d’élevage se sont aussi fait attaquer », témoigne Estelle. Elle raconte avoir elle-même dû intervenir lorsque deux chiens sont entrés dans sa propriété alors qu’ils poursuivaient ses chats : « je les ai vus entrer dans notre maison. Ma porte était ouverte, j’étais dans mon jardin, j’ai dû les chasser. » Selon elle, les chiens circuleraient sur un large périmètre, principalement durant la nuit. Et contrairement à des animaux abandonnés, le couple estime qu’ils ont bien des propriétaires : « dans tous les cas, le problème vient des propriétaires », considère Estelle. « Ça reste des animaux, on ne peut pas leur en vouloir directement. »

La crainte d’un accident impliquant une personne

Au fil de leurs recherches, Estelle et Lucas ont également recueilli des témoignages concernant des habitants : « des enfants se sont fait prendre en chasse par ces chiens en sortant de l’école primaire à vélo, et même du collège », rapporte Lucas. Aucun blessé n’aurait été à déplorer dans ces situations, mais le jeune couple estime que le niveau de risque ne doit pas être minimisé. Des adultes auraient également été confrontés à leur agressivité. Lucas évoque notamment un ami qui « a failli se faire chiquer la jambe ». « Les gens n’osent plus sortir de chez eux pour promener leurs propres chiens car ils se font cibler par ces deux chiens errants », affirme-t-il. Pour le couple, la question dépasse la seule protection des animaux : « aujourd’hui ce sont des animaux, demain ce sera peut-être un enfant. Est-ce que l’on a envie que ça en arrive là ? »

La mairie rappelle le rôle de la police municipale

Face à ces accusations et aux inquiétudes exprimées par les habitants, le maire rappelle que la commune dispose déjà d’un dispositif pour lutter contre les chiens en divagation : « la police municipale capture les chiens pour les mettre en fourrière, les propriétaires viennent y récupérer leurs chiens moyennant une amende », explique-t-il. Le maire reconnaît toutefois qu’un bilan du dispositif doit être réalisé, notamment concernant les moyens matériels disponibles. La question des chiens identifiés comme agressifs est également posée. Le maire estime que, lorsqu’un animal représente un danger avéré, « il n’y a pas d’autre choix que l’abattage ». Il reprend notamment l’argument selon lequel certains chiens ayant attaqué et « goûté au sang » pourraient recommencer systématiquement. Une position qui tranche avec celle d’Estelle, qui insiste davantage sur la responsabilité des propriétaires et sur la possibilité de recourir à des professionnels de l’éducation canine.

« La police municipale ne peut pas travailler jour et nuit »

L’un des points de tension concerne les interventions nocturnes. Le couple estime que le problème se produit principalement la nuit, alors que la police municipale n’est pas présente en permanence. Le maire le reconnaît : « le rôle de la police municipale est effectivement de capturer les chiens errants en divagation, mais elle ne peut pas travailler jour et nuit. » Il assure toutefois vouloir évoquer cette question avec les services concernés afin d’éviter que les situations signalées ne se reproduisent : « moi aussi on m’appelle en pleine nuit pour me signaler la présence de chiens qui se baladent », indique-t-il. Pour Estelle et Lucas, cette difficulté constitue précisément une partie du problème. Estelle estime que la population ne peut pas être amenée à organiser elle-même des rondes pour assurer sa sécurité : « ce n’est pas aux citoyens de patrouiller pour assurer leur propre sécurité », insiste-t-elle.

Éviter que les habitants « fassent la police eux-mêmes »

Le maire partage sur ce point la crainte d’une escalade. Il rappelle qu’une situation comparable s’était déjà produite : « malheureusement cette situation a déjà eu lieu il y a vingt ans, et à défaut de procédure mise en place, les habitants ont fait la police eux-mêmes. Il faut éviter cela. » Cette crainte rejoint celle exprimée par Estelle, qui constate que certains habitants, excédés par les attaques, commencent à évoquer sur les réseaux sociaux la possibilité de « se faire justice eux-mêmes ». La jeune femme redoute également que la multiplication de ces incidents ne finisse par créer un amalgame contre l’ensemble des propriétaires de chiens : « cette ambiance stigmatise tous les propriétaires de chiens. Il pourrait aussi y avoir des quiproquos, cela créer une haine de tous les chiens en divagation alors que sur l’île, on aime les animaux. »

La responsabilité des propriétaires au cœur du problème

Pour la municipalité comme pour le jeune couple, un point fait finalement consensus. La responsabilité des propriétaires : « ils sont responsables de leurs animaux », rappelle le maire. Il appelle les propriétaires concernés à modifier leurs habitudes : « ils peuvent les sortir en laisse plutôt qu’en liberté, on peut déjà les sensibiliser dans ce cadre-là. S’ils s’engagent déjà à faire cela, on aura réglé le problème. » Estelle et Lucas vont plus loin et proposent que les propriétaires confrontés à des difficultés puissent être accompagnés par des éducateurs canins : « il y en a sur l’île ! Qu’ils se fassent accompagner car ils doivent bien avoir conscience de ce qu’il se passe. Ça arrive d’être dépassé, mais les professionnels sont là pour ça », estime Estelle.

Un collectif de victimes en préparation

De leur côté, Estelle et Lucas ne comptent pas en rester aux témoignages recueillis sur les réseaux sociaux. Lucas prépare actuellement un dossier rassemblant les témoignages des victimes et les différentes pièces relatives aux attaques. Son objectif est de constituer un collectif afin de donner davantage de poids à leur démarche et de transmettre le dossier à la sous-préfecture de Vendée. Le maire assure pour sa part que la commune entend « respecter les protocoles pour que chaque partie prenne ses responsabilités ». Reste à savoir si cette volonté permettra de répondre aux inquiétudes grandissantes des habitants et de prévenir de nouvelles attaques.

VL

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recoussine
04/09/2026 11:18 pm

je suis interéssé par leur collectif

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jeanlouis