PATRIMOINE
par Christel Eveillé et Valentine Lanave
Mardi 20 octobre, Vincent Roirand, premier adjoint de la mairie de l’île d’Yeu, Nathalie Barbotin, conseillère déléguée aux cérémonies, lieux de culte, patrimoine et petit patrimoine et Annabelle Chauviteau, responsable du service patrimoine de la mairie, ont présenté le plan de sauvegarde de l’église de Notre Dame du Port, à Port Joinville. Une étude préalable à la restauration de ladite église avait été réalisée en 2021-2022 par l’architecte du patrimoine Marie-Pierre Niguès, présente à cette occasion, ainsi que des personnalités en lien étroit avec le devenir de l’église, dont le nouveau prêtre arrivé tout récemment sur l’île ; le père Bernard Lucas.
Quel ne fut pas notre étonnement de voir cette réunion organisée dans l’église. Une telle réunion aurait tout à fait pu se dérouler au sein des locaux de la mairie. En effet, l’église Notre Dame du Port est la pleine propriété de la commune, puisque construite avant les lois de séparation de l’Église et de l’État en 1905, plus précisément entre 1827 et 1829, puis agrandie en 1887. Il revient donc à la municipalité d’entretenir et veiller à la bonne conservation de ce bâtiment.

Interrogée sur les raisons du choix de l’église comme lieu d’information, Nathalie Barbotin nous a indiquer: « en effet, la question du lieu de la réunion s’est posé, par soucis de présentation, et en accord avec les architectes, leurs explications seraient plus parlantes au sein du lieu concerné ». Il est vrai qu’une fois l’exposé commencé, les diapositives projetées, le public présent pouvait facilement se projeter et surtout mieux comprendre l’architecture particulière de cette église . Nul oubli, ni atteinte donc à la laïcité, mais un soucis réel de la municipalité, dans la suite de l’ancienne équipe municipale de sauver ce bâtiment qui est, certes un lieu de culte pour les catholiques, mais aussi un édifice patrimonial qui constitue le paysage « urbain » de Port Joinville, et dont l’histoire appartient à tous et toutes.
Toutes choses étant très inégales par ailleurs, il faut cependant espérer que les prochaines réunions d’informations prévues par la mairie et concernant des travaux à prévoir ne se dérouleront pas obligatoirement sur les lieux concernés par les susdits travaux ! Certes, on ne peut que reconnaître la volonté des élus en charge des dossiers patrimoniaux, de montrer tant de sollicitude, quant à notre mise en situation trois D au sein de l’église, afin de nous aider à nous faire concrètement la meilleure idée des travaux nécessaires et des travaux à venir !
Nous serions tous ravis, de la même manière, de découvrir le « ventre » de la Citadelle, en ce moment en travaux, qu’il est rare de pouvoir découvrir sous cet aspect. Mais au cas ou le réseau des canalisations de Port Joinville nécessiterait de gros travaux, l’équipe municipale nous donnerait elle alors rendez-vous à l’entrée d’une grosse buse ? Pire, imaginez mais je me refuse à le faire, ce qu’il pourrait advenir lors de la prochaine campagne de dératisation sur l’île ?

L’architecte Marie-Pierre Niguès a commencé son exposé par un court mais dense historique des églises de l’île. L’évangélisation a commencé dès la fin du VI ème siècle avec l’édification d’une chapelle à Saint-Sauveur, puis des moines irlandais établissent un premier monastère dédié à Saint-Hilaire. Des personnages pieux ont marqué l’île de leurs passages, qu’il s’agisse de Saint Colomban vers 604, ou plus récemment, de Louis-Marie Grignon de Montfort au XVIII ème siècle.
Ce sont des raisons économiques qui vont entraîner la construction de Notre-dame du Port sur l’emplacement de la chapelle Notre-dame de Bon-Secours. L’architecture de l’église du port se distingue par son clocher-campanile à bulbe dont les cuivres ont été travaillés à froid, ce qui représente un travail de dinanderie remarquable.
Lorsque la restauration aura été effectuée, le clocher de l’église brillera à nouveau de mille feux ! Le plan de l’église est un plan basilical classique et la voûte est composée d’un lambris en berceau plain cintre évoquant une coque de bateau renversée. A noter, la présence au sein de l’église d’un superbe et monumental orgue de 1500 tuyaux.

En faveur de cette restauration, la commune souhaite s’associer à la Fondation du Patrimoine, afin d’organiser une campagne de souscription destinée à mobiliser le mécénat. Les promesses de dons atteindraient pour le moment 5000 euros. Les travaux, prévus pour mai 2027, devraient durer 30 mois et pourraient impacter l’environnement direct du secteur de l’Église du Port, en fonction des équipements qui seront envisagés : « c’est l’imperméabilisation des sols au XX ème siècle qui a engendré les problématiques d’humidité actuelles », explique l’architecte du patrimoine.
« Les interventions prioritaires portent sur la réfection complète des toitures, en tuiles ou en ardoises selon les parties de l’édifice, ainsi que sur la reprise des zingueries. La charpente fera également l’objet de modifications et de renforcements afin d’assurer sa stabilité et de prévenir les désordres liés aux charges et aux assemblages », a annoncé Nathalie Barbotin lors du conseil municipal du 12 octobre dernier.
Les travaux de rénovation sont estimés à 3,5 millions d’euros, à répartir en « trois tranches ». Pour encourager les dons, des visites régulières de chantiers sont dans les tuyaux pour les généreux mécènes : « on prévoit également l’inscription du nom du souscripteur à même le bâtiment, notamment au niveau de la restauration du clocher », une méthode qui n’a rien à envier aux plus grandes campagnes de crowfunding. Plus qu’à lancer l’appel d’offres pour les entreprises…
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Bel article , dommage cette polémique sur le lieu de réunion et des éléments de comparaison vraiment mal choisis
Tout à fait d’accord quant à cette polémique inutile qui relève plus de l’anticléricalisme que de la déontologie journalistique.
Je ne partage pas cette interprétation. Interroger le respect du principe de laïcité ne relève pas de l’anticléricalisme, pas plus que s’intéresser aux relations entre une collectivité publique et un édifice religieux ne constitue une prise de position contre la religion. C’est le rôle d’un média indépendant que de questionner… Lire la suite »
Je concède que certains éléments humoristiques qui ne se voulaient qu’humoristiques , puissent paraître comme étant de mauvais goût et auraient pu être travaillés de manière plus subtile et plus raffinée !
Bravo !.J’avais déjà été modeste donateur fin années 80 pour la restauration de l’orgue inaugurée par le grand André Isoir, hélas sous employé sauf au concert estival annuel des Muses Galantes.
il manque l’essentiel: en quoi consistent précisément ces rénovations, parler de l’humidité ne résume pas la présentation et le projet de l’architecte. Au fond on sait juste qu’une réunion s’est tenue dans l’église( ce que je trouve judicieux), s’ajoute une petite polémique inutile puisqu’on avait bien compris que la loi… Lire la suite »
Bonjour Martine, Merci pour ce retour pertinent. La présentation des travaux mérite effectivement d’être davantage développée. Je vais donc compléter cette partie afin que les lecteurs puissent mieux comprendre la nature du projet et ce qu’il implique concrètement pour l’église. Concernant la référence à la loi de 1905, elle visait… Lire la suite »
Coucou Martine, on apprend tout de même qu’il y a réfection de la toiture, des zingueries et des reprises de la charpente. Mais quid en effet de l’artificialisation des sols qui selon l’architecte est à l’origine de l’humidité ?
Je me demande pourquoi Nathalie Roirand est désignée sous son nom de jeune fille, Nathalie Barbotin, d’autant qu’elle se présente elle- même comme étant Madame Roirand ? Vincent et Nathalie Roirand font tous les deux partie du conseil municipal, ce qui est légal. Alors pourquoi continuer à utiliser un nom… Lire la suite »