Le ministre du Vélo prépare son retour

© Presse IPOT du Vélo

SATIRE
par Samuel Hennequin et Valentine Lanave

Alors que la République du Vélo s’apprêterait à faire son grand retour, son ministre autoproclamé livre une vision radicale de la mobilité insulaire. Entretien avec un homme qui a décidé de prendre le problème à la légère, quitte à laisser les cyclistes sur le bas-côté.

Monsieur le Ministre, où en est la République du Vélo ?

Elle se prépare à faire son come-back dans l’optique de la présidentielle de 2027.

Après le grand débat sur les mobilités dans les îles du Ponant, on a appris que les déplacements dépendaient de cinq facteurs, que les voitures étaient nombreuses et que les vélos étaient parfois dangereux. La situation est-elle grave ?

Je n’ai pas beaucoup suivi le grand débat. Tout simplement parce que je ne vois pas bien en quoi il pourrait y avoir débat. Pour moi, la mobilité, c’est pouvoir se déplacer d’un point A à un point B, à sa guise. Sachant que l’île fait, sauf erreur de ma part, à peu près quatre kilomètres sur sept kilomètres, toute l’île est a priori accessible à tout le monde. Je ne sais pas si les voitures sont nombreuses, mais je n’ai jamais vu d’embouteillage sur l’île ! Quant aux vélos dangereux, ils le sont surtout pour celles et ceux qui les conduisent, non ?

Si vous deviez résumer la politique de mobilité de l’île d’Yeu en trois mots ?

Efficacité. Performance. Goudron.

Vous êtes ministre du Vélo, mais avez-vous un ministère, un budget, un cabinet, une secrétaire ?

Secret défense.

À partir de combien de vélos en circulation peut-on officiellement déclarer une crise gouvernementale ?

Lors de mes nombreux voyages officiels à l’étranger, je me suis notamment rendu en Chine. Dans les grandes villes, à chaque feu rouge, on peut voir facilement une bonne centaine de vélos attendre sagement. En gros, dans une ville de dix millions d’habitants, il y a dix millions de vélos. Et personne n’a jamais trouvé que c’était un problème. Il n’y a donc pas de limites.

Entre la pointe du But et la pointe des Corbeaux, il y a de quoi faire travailler les mollets. Pourquoi n’a-t-on toujours pas inventé le vélo à voile, histoire de profiter du vent et d’arriver avant les automobilistes ?

Parce que manifestement, on a préféré céder aux sirènes de l’électricité, je crois…

Combien faudrait-il de kilomètres de pistes cyclables pour que le cycliste cesse de se demander s’il est sur une voie verte ou dans une épreuve de Koh-Lanta ?

Il n’en faut surtout pas ! Toute l’île est une sorte de piste cyclable naturelle. Pas besoin d’en rajouter.

Est-ce qu’un jour, à l’île d’Yeu, on pourra garer son vélo en période estivale sans devoir négocier ?

C’est surtout les demandes de rançon pour les récupérer après les vols qu’il faut négocier, non ?

Question budgétaire : vaut-il mieux investir dans une piste cyclable ou dans une cellule psychologique pour les automobilistes qui se font doubler par un vélo électrique ?

Il faut investir dans toutes sortes de cellules psychologiques sur l’île, c’est évident.

Si l’on construit une piste cyclable, faut-il prévoir une voie de dépassement ?

Ben, moi, je suis contre les pistes cyclables, les voies de dépassement, voire les stops et les ronds-points…

Ne faudrait-il pas instaurer un contrôle technique à l’arrivée au port, avec vérification du sens de l’équilibre et de l’orientation des usagers ?

Mieux qu’un contrôle technique, tout simplement des cours de vélo ! Plutôt que de se plaindre des « touristes qui ne savent pas faire de vélo », autant leur apprendre.

Le touriste à vélo est-il une espèce protégée, un danger public ou une ressource économique encore insuffisamment exploitée ?

En tant que touriste à vélo, je me sens très correctement exploité, ça va.

Faut-il instaurer ces cours de vélo avec une épreuve pratique : démarrage en côte, apprendre à freiner avant un virage et ne pas s’arrêter au milieu de la route pour photographier un mouton ?

Oui, excellente idée.

Peut-on sérieusement parler de mobilité douce quand on prend son vélo électrique pour parcourir 400 mètres entre la boulangerie et son habitation ?

Non, on peut surtout parler de grosse flemme… 

Reste une dernière question restée en suspens : si le ministre est contre les pistes cyclables, les stops et les ronds-points, mais favorable aux cours de vélo, où les organisera-t-il ?

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troizel
02/11/2026 9:49 am

ça fait du bien de rire par les temps qui courent

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luna
Douay
02/11/2026 12:29 pm

Je ne saurais commenter aussi longuet, mais constat concret : d’abord s’il vous arrive de descendre du point de partage des eaux à Ker Viroux par la Fosse à la Cane (ou aux cannes !) bien plus risqué avec des petits enfants !. et celà depuis tant d’années.. Aussi de… Lire la suite »

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Daniel