Un échange plutôt nourri s’est tenu lundi 3 mars 2026 lors du conseil municipal, à l’issue de la présentation du budget principal de la commune pour l’année 2026. La discussion a opposé la maire, Carole Charuau (sans étiquette), à l’ancien adjoint aux finances, Michel Bourgery, dans un contexte préélectoral à deux semaines du premier tour des élections municipales.
Une intervention critique de l’ancien adjoint aux finances
Prenant la parole après la présentation budgétaire, Michel Bourgery a estimé que les documents présentés étaient « comptablement équilibrés », saluant au passage le travail du service finances. Il a toutefois jugé le budget « non exécutable financièrement en l’état ».
Selon lui, la réalisation de l’ensemble des investissements prévus en 2026 représenterait une consommation d’environ 8 millions d’euros de trésorerie pour le budget principal et près de 3 millions d’euros pour les budgets annexes. Évoquant une trésorerie estimée à 3 millions d’euros en début d’exercice, il a indiqué que la mise en œuvre complète des investissements supposerait, d’après ses calculs, le recours à un emprunt supplémentaire d’environ 8 millions d’euros. À défaut d’un tel emprunt, il a estimé que seule « à peu près la moitié » des investissements inscrits pourrait être réalisée.
Michel Bourgery a interrogé l’exécutif municipal sur l’absence de mention explicite de cette alternative dans les documents présentés. Citant « le langage élégant de la Cour des comptes », il a évoqué une « présentation trompeuse et insincère », ajoutant que, selon lui, les élus sortants n’auraient pas procédé aux arbitrages nécessaires et présenteraient « des chiffres gonflés en période de campagne électorale ».
La réponse de la maire
Carole Charuau a contesté cette analyse. Elle a rappelé qu’un emprunt de 9 millions d’euros avait été contracté en 2024, précisant que cette décision avait été prise alors que Michel Bourgery était en charge des finances : « il a dit qu’il n’avait pas le choix, je l’ai donc suivi », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’« on aurait peut-être pu faire autrement ». La maire a indiqué avoir, depuis, mis fin aux emprunts de trésorerie, affirmant que la commune n’y recourait « presque plus ».
Sur le fond du désaccord, elle a estimé que l’approche par la trésorerie avancée par l’ancien adjoint ne correspondait pas, selon elle, aux règles de présentation des finances publiques en conseil municipal : « dans les comptes que l’on présente au conseil municipal, il n’est pas question de trésorerie », a-t-elle déclaré, soulignant que cet élément « entre en jeu » mais ne constitue pas, selon elle, l’indicateur central des documents budgétaires soumis au vote.
Carole Charuau a également rejeté l’accusation d’insincérité, affirmant ne pas pouvoir « accepter ce genre de commentaire », et estimant que ces propos pouvaient être interprétés comme une mise en cause du travail des agents municipaux.
Une autre réaction au sein du conseil
Un autre conseiller municipal, Michel Charuau, se présentant sur la liste Une île en commun, est également intervenu pour exprimer son désaccord avec Michel Bourgery. Il a ainsi rappelé que ce dernier avait exercé les fonctions d’adjoint aux finances durant quatre des six années du mandat. Selon lui, si une « insincérité » devait être constatée, elle serait liée au travail réalisé pendant cette période. Il a estimé que les propos tenus constituaient une remise en cause du bilan collectif du mandat.
Un contexte électoral
Cette séquence intervient à moins de deux semaines du premier tour des élections municipales, pour lesquelles la maire sortante est candidate. La discussion sur les orientations budgétaires 2026, traditionnellement consacrée aux perspectives financières de la commune, a ainsi pris une dimension plus politique lors de cette dernière séance.
Valentine Lanave
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