Un grain de sel, ce n’est pas grand-chose. C’est minuscule, presque invisible. Et pourtant, sans lui, tout est fade. Trop de sel, en revanche, gâche le plat. Toute la difficulté est là. Trouver la juste dose. Voilà qui nous ressemble déjà pas mal. Grain de sel est un journal en ligne insulaire, coopératif et indépendant. Dit comme ça, ça fait sérieux. Presque institutionnel. On imagine déjà un organigramme, des bureaux vitrés et des réunions interminables. Mais nous n’avons rien de tout ça. Ni les bureaux, ni les vitres, ni les secrétaires de rédaction. Juste des idées, des claviers cabossés, et une furieuse envie de raconter ce qui se passe dans les territoires insulaires.
Mais qui sommes-nous, au juste ?
La question nous est souvent posée. Et à vrai dire, nous nous la posons encore nous-mêmes. Alors commençons par ce que nous ne sommes pas. Nous ne sommes pas un club discret œuvrant pour nos intérêts personnels. Nous ne sommes pas un laboratoire idéologique camouflé derrière un nom iodé. Nous ne sommes pas non plus un média hors-sol venu expliquer l’île aux insulaires, certitudes en bandoulière. Nous sommes plutôt, et c’est déjà beaucoup, une bande de joyeux acrobates. Des gens qui bricolent, doutent, discutent, blaguent, rigolent, écrivent. Parfois pas trop bien, mais jamais par hasard. Des gens qui pensent que l’information est un bien commun, pas une marchandise de luxe réservée à quelques-uns. Des gens qui croient encore que le journalisme peut servir l’intérêt général, même à petite échelle, même sans gros moyens, surtout sans actionnaires majoritaires.
Pourquoi Grain de sel ?
Parce que nous n’avons pas l’ambition d’être le plat principal. Parce que nous ne prétendons pas avoir raison. Parce que nous voulons relever le goût du débat, piqueter un peu là où ça transpire, empêcher que l’habitude, le silence ou l’entre-soi ne rendent tout insipide. Un grain de sel, ça peut irriter. Ça peut faire tousser. Ça peut aussi réveiller les papilles et surtout, ça révèle les saveurs, ça peut sublimer un plat. Notre ligne éditoriale n’est pas gravée dans le marbre, mais notre déontologie, oui. Elle se construit collectivement, au fil des articles, des désaccords, des lectures et des rencontres. Journal coopératif, ça veut dire ça : personne ne le possède, mais tout le monde en est responsable. Indépendant, aussi. Indépendant des pouvoirs politiques et économiques. Indépendant, donc parfois maladroit ou hors des clous, mais libre de poser des questions, y compris celles qui dérangent, d’apporter des infos un peu plus renseignées et de raconter des histoires qui ne trouvent pas toujours leur place ailleurs. Insulaire, enfin. Pas par repli, mais par ancrage. Parce que vivre sur une île, ce n’est pas seulement une géographie. C’est aussi et surtout une manière d’habiter le monde, avec ses tensions, ses solidarités, ses contradictions. Ici, tout se voit, tout se sait, tout se discute. Tant mieux. Grain de sel n’a pas la prétention de changer la face du territoire. Mais si nous pouvons collectivement contribuer à la montrer un peu plus clairement, sous des lumières plus contrastées, alors ce sera déjà ça. Prenez-en une pincée. Ou laissez-le sur le bord de l’assiette. Mais surtout, goûtez-y.
Les membres fondateurs du journal Grain de Sel : Pascal Mrozinski, Dominique Pivin, Viviane Klemm, Jérôme Mély, Sarah Meneghello, Monik Malissard et Valentine Lanave.
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Bien aimé les portraits