Les élections municipales se sont terminées fin mars et ont vu arriver en tête la liste M’Yeu Ensemble.
Je ne vais pas m’étaler ici sur le pourquoi, car c’est bien autre chose qui m’a interpellé. En effet, si nous regardons le déroulement de ces élections, c’est cette liste, bien que connue de longue date, qui a communiqué le plus tardivement et le moins.
M’Yeu Ensemble n’a fait qu’une seule réunion publique avant le premier tour alors que une Île en commun en a tenue trois (de mémoire) et que Nous Vous L’Île a conduit à peu près autant de réunions publiques, avec en suppléments des ateliers/rencontres assez tôt dans la campagne.
C’est le programme de M’Yeu Ensemble qui est apparu le dernier, celui de Nous Vous l’île un peu plus tôt, tandis que celui de Une Île en Commun a été dévoilé sur le site encore avant.
Je n’évoquerais pas la présence sur les réseaux sociaux où, là encore, la liste arrivée en premier a fait relativement moins d’apparitions.
Dans la société où nous vivons, où tout se précipite tout le temps, où la présence sur les réseaux sociaux est exponentielle, je trouve rassurant qu’une liste arrive en tête sans saturer l’espace, sans même faire trop de bruit, mais plutôt en préparant et en peaufinant son programme dans le calme et la discrétion. Cette arrivée tranquille, ne signifie pas qu’ils ne feront pas les choses, elle signifie peut-être le contraire. Seul l’avenir le dira. L’équipe est au travail depuis le premier jour de leur mandat, j’ai pu le constater dès le lendemain de l’investiture du maire. Peut-être prendront ils, comme dans leur approche lors de la campagne, le recul et le temps nécessaire à la prise de décision. Nous verrons bien comment ils appréhendent les évènements et les effets de la méthode.
Ma réflexion sur la temporalité de cette campagne m’est venue le vendredi 3 avril, alors que je revenais du continent. Arrivés au niveau des Braillards, le capitaine du catamaran nous a annoncé qu’il y avait un petit souci technique à bord et que la traversée durerait une cinquantaine de minutes au lieu des trente habituelles. Dans le sens Continent Yeu le soir, pas d’impératifs, pas de transport vers des rendez-vous, donc pas de stress de retard. Eh bien, j’ai trouvé cette traversée reposante, relaxante, le catamaran ne bondissait pas de vague en vague comme à l’accoutumée. Non. Il nous emmenait paisiblement vers l’île, dans un bercement apaisant.
Et si nous faisions pareil ? Si nous ne répondions pas tout de suite ? Si nous ne commentions pas instantanément une publication de réseau social ? Si, dans notre agitation quotidienne, nous levions un peu les yeux du guidon pour admirer le vol d’un oiseau ou prendre un café avec les collègues, en parlant de tout et de rien ? Si une journée par semaine nous coupions Internet et que nous la consacrions totalement à ce qui est vraiment important ? Notre famille, nos amis ou tout simplement levez le nez au ciel à regarder passer les nuages et rêver sur leurs formes à des mondes meilleurs ?
Mais il reste des cas où il faut quand même répondre tout de suite, sans hésitation : c’est pour un merci, un bisou, un câlin, une parole réconfortante pour dire à un proche ou à un ami qu’on l’aime. Cela me ramène à la campagne municipale et à la quatrième liste qui a fait encore moins de bruit, celle de P’luche, qui prônait les câlins et la tendresse.
Jérôme Mély
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Mille bisous câlins de Pluche délivrés vers toi en urgence !!!
Merci pour ce texte, qui cherche à saisir la douceur d’une campagne apaisée. Permettez-moi toutefois d’y glisser quelques repères factuels, pour que la poésie n’efface pas la réalité du terrain. La liste M’Yeu Ensemble n’a pas mené une campagne silencieuse : elle a simplement choisi une autre scène. Peu présente… Lire la suite »