L’île d’Yeu révélée sous un jour sombre par des collégiens écrivains

L’image lumineuse et paisible de l’île d’Yeu en prend un coup… de plume noire. Les élèves de 4e du collège publique des Sicardières viennent de publier un recueil de nouvelles aussi surprenant qu’ambitieux, « L’île d’Yeu à l’encre noire« , dans le cadre du programme « Jeunes en librairie ». Un projet pédagogique et créatif, qui dévoile une facette méconnue, presque inquiétante, de ce territoire pourtant réputé pour sa douceur de vivre.

Une île entre lumière et obscurité

Connue pour ses plages de sable fin, ses sentiers côtiers et la convivialité de ses habitants, l’île se transforme ici pour laisser place à un  univers inquiétant, fait de mystères et d’ombres. À travers leurs récits, les élèves plongent le lecteur dans une atmosphère où le fantastique s’immisce dans le réel. Des lieux emblématiques comme le Grand Phare, le port ou encore Saint-Sauveur deviennent les théâtres d’histoires troublantes : « Je traverse le pont et arrive devant la grande porte fermée du château… Elle s’ouvre avec un grincement à en glacer le sang », écrit l’un des jeunes auteurs. Plus loin, une silhouette peu rassurante surgit dans une impasse, tandis qu’une grotte obscure et étrange inspire un mélange de peur et de fascination. 

Apprendre à écrire… et à réécrire

Derrière ces textes, un véritable travail d’apprentissage. Encadrés en cours de français, les élèves ont découvert les étapes essentielles de la création littéraire : imaginer une intrigue, construire des personnages, travailler une ambiance. Ils ont surtout expérimenté une réalité incontournable : écrire, c’est aussi réécrire. Le projet s’est enrichi de rencontres avec des professionnels du livre. L’autrice Ingrid Astier a partagé son expérience et conseillé les élèves dans leur écriture. L’éditeur Benoit Gaborit leur a ouvert les portes du monde éditorial, tandis que la libraire Delphine Bernard a présenté le rôle central des librairies dans la diffusion des œuvres.

Entre rigueur historique et création artistique

Soucieuse de crédibilité, la classe a également bénéficié de l’intervention de Pauline Jauffrit, médiatrice au service patrimoine de la mairie de l’île d’Yeu, qui a aidé les élèves à éviter anachronismes et erreurs historiques. Une manière d’ancrer ces récits fantastiques dans un solide factuel local. Le projet s’est prolongé en arts plastiques, avec la création d’illustrations et de la couverture du recueil sous la direction de leur enseignante d’arts plastiques, Laure Augereau. Une dimension visuelle qui enrichit encore l’univers sombre et immersif des textes.

Un ouvrage collectif et immersif

Publié par une maison d’édition locale, ce recueil de 104 pages, proposé au prix de 10 euros, est le fruit d’un travail collectif. Il témoigne de l’engagement des élèves et de leur capacité à se saisir de leur environnement pour en proposer une lecture originale : « Je tremble. Mon cœur bat à un rythme si effréné que j’ai peur qu’il explose… », peut-on lire dans l’un des extraits. Autant de phrases qui donnent le ton dans une île d’Yeu qu’on ne se contente pas de contempler, mais aussi de ressentir… parfois dans un frisson. Avec L’île d’Yeu à l’encre noire, ces jeunes auteurs invitent les lecteurs à redécouvrir leur île autrement, à travers leurs imaginaires. Une invitation à franchir le seuil du réel, et peut-être, à ne pas en ressortir tout à fait indemne.

Valentine Lanave

Les talentueux écrivains en herbe seront en dédicace le jeudi 30 avril à 18h au Pôle Culturel du Petit Chiron, port Joinville, île d’Yeu.

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2 Commentaires
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Recoussine
21/04/2026 3:34 pm

Simplement. Bravo

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J Louis
Dautry
21/05/2026 9:53 am

Superbe initiative collective pour mettre en valeur le livre, la lecture et l’écriture, pour des jeunes pour lesquels les écrans sont d’une approche tellement plus facile. Bravo à toutes celles et tous ceux qui y ont participé.

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Philippe