Dans le tumulte d’une campagne intense, avec débats passionnés et échanges parfois tendus sur les réseaux sociaux, il est facile d’oublier que la politique locale est avant tout une affaire de service à la collectivité. Or, à l’île d’Yeu les exemples ne manquent pas et il est pour le moins essentiel de rappeler que la coopération entre élus pour l’intérêt général n’est pas un vain mot. Patrice Bernard et Laure Barault, concurrents lors de ce second tour des municipales, en sont un exemple tangible. Bien avant les urnes, ils ont su travailler de concert pour des projets concrets, au service de tous, preuve que dialogue et intelligence collective restent possibles.
Une coopération déjà en germe
À l’issue du conseil d’investiture, l’île d’Yeu aura un maire à temps plein, et deux conseillères départementales, dont l’une siégera au conseil municipal et l’autre, ancienne maire, disposant d’une solide connaissance de la politique locale. Cette configuration ouvre des perspectives. Elle peut permettre une articulation plus fluide entre les échelles locales et départementales, à condition que le dialogue s’installe durablement.
Les premiers signaux envoyés à l’issue du scrutin vont dans ce sens. Dans un message publié ce mardi 24 mars 2026, l’équipe menée par Laure Barault affirme sa volonté de travailler de manière constructive avec l’équipe en place. Le communiqué insiste sur des principes largement partagés durant la campagne (transparence, participation, accès à l’information) et souligne l’intérêt des habitants pour la vie démocratique locale. L’équipe de Nous Vous l’île évoque également des pistes concrètes, comme la diffusion des conseils municipaux, dans une logique de continuité.
La future minorité annonce vouloir veiller aux engagements pris, tout en portant des priorités identifiées : urgence sociale, accompagnement des aînés, modes de garde des enfants, logement. Une posture qui s’inscrit moins dans l’opposition que dans une vigilance active et contributive.
Mais cette volonté de coopération ne s’exprime pas uniquement du côté de la future minorité. Lors de plusieurs échanges informels, notamment lors de la tournée des cafés organisée par l’équipe de M’Yeu Ensemble, mais aussi plus publiquement, Patrice Bernard a lui aussi laissé entrevoir une intention claire : celle d’associer largement les compétences du territoire au travail municipal. Il évoque la nécessité d’ouvrir les commissions, de faire circuler davantage l’information entre les élus, « sauf cas confidentiels », et de permettre à chaque conseiller municipal de contribuer pleinement: « sinon, l’opposition ne sert à rien », résume-t-il.
Dans ce cheminement, il appelle à dépasser les logiques de blocs, en intégrant non seulement les élus de l’autre liste, mais aussi les anciens élus, les associations et les citoyens. Une manière de dessiner les contours d’un fonctionnement plus horizontal, où la compétence primerait sur l’étiquette. Jusqu’à interroger les mots eux-mêmes : faut-il encore parler d’« opposition » ou de « minorité », ou inventer d’autres formes, plus en phase avec une pratique collaborative de la vie municipale ?
La preuve par l’exemple : le projet de hangar frigorifique
En 2024, un projet crucial pour l’île a rassemblé de nombreux acteurs autour d’un objectif commun, celui de fluidifier la circulation des marchandises et sécuriser la chaîne du froid à Port-Joinville. A l’initiative de Laure Barault, des débats techniques mais nourris par la connaissance du terrain ont émergé au travers de plusieurs rencontres dans lesquelles la conseillère départementale y avait associé citoyens, associations locales, commerçants, acteurs de la société civile et élus municipaux. Déjà à cette époque, elle affirmait : « Les idées doivent pouvoir être entendues ». Une approche constructive à laquelle Patrice Bernard avait apporté de nombreuses solutions d’aménagements.
Au fil des mois, les échanges se poursuivent et s’élargissent. Le projet évolue, les hypothèses initiales sont reconsidérées à la lumière du terrain. Les contraintes spatiales, les usages réels, mais aussi les évolutions récentes (aménagements, changements de fréquentation) viennent bousculer les conclusions des premières études. Grâce à leur écoute mutuelle, les besoins des différentes parties prenantes ont été entendus et analysés, des solutions concrètes ont été imaginées pour optimiser la livraison des produits réfrigérés et les études préexistantes ont été confrontées à la réflexion collective pour aboutir à des décisions réalistes et équilibrées.

Trouver un terrain commun
Dans ce processus, Patrice Bernard et Laure Barault ont travaillé côte à côte dans un même espace de réflexion pour un projet affiné, adapté aux besoins de l’île, fruit d’un dialogue constant entre acteurs aux intérêts parfois divergents. Michel Bourgery, alors adjoint à la mairie et membre du conseil d’administration de la Régie Yeu Continent, avait salué « un travail remarquable, d’intelligence collective qui n’a pas beaucoup de précédents ».
Les positions ont toujours été alignées et un espace de dialogue existait. Réel, exigeant et constructif. Qu’il s’agisse du groupe de travail ou lors des réunions, nous avions déjà mis notre grain de sel. Nous avions vu se dessiner une véritable démarche de démocratie participative. Patiente, faite d’écoute et d’ajustements. Cette expérience nourrit aujourd’hui notre conviction : ce qui a été possible dans ce cadre peut l’être et le sera à nouveau. Au sein des commissions, du conseil municipal, dans le travail quotidien de la mairie, les conditions d’un dialogue existent déjà. Nous sommes convaincus que cette dynamique se reproduira.
Construire ensemble au-delà des élections
L’exemple du projet de hangar frigorifique à Port-Joinville rappelle qu’au-delà des scores, la réussite de l’île repose sur le dialogue entre acteurs locaux. Cette coopération passée est bien plus qu’un souvenir. Elle illustre que les différentes parties savent travailler ensemble. Les tensions d’une campagne ne sauraient effacer la nécessité d’un dialogue constant au service de l’intérêt général. Les désaccords d’hier ne doivent pas supprimer ce potentiel.
En somme, à l’île d’Yeu, les élections ne se résume pas aux résultats des urnes : elles sont surtout l’occasion de renforcer le vivre-ensemble pour le bien de tous. La mairie peut être un lieu où la compétence et le sens du collectif priment sur les rivalités électorales. Le pari est là. Celui d’un fonctionnement où majorité et minorité ne s’opposent pas systématiquement, mais contribuent, chacune à leur place, à une même ambition. Celle de servir l’intérêt de l’île, de ses habitants, de ses amoureux et de ses visiteurs. Parce que l’avenir de l’île gagne à être pensé collectivement.
Valentine Lanave et Jérome Mély
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Pourvu que cela dure…..mais bravo
Ce serait effectivement la meilleure chose pour l’île d’Yeu que chacun puisse avancer ses arguments en toute liberté sans être taxé d’attaquant systématique il est grand temps de sortir ce schéma stérile et de travailler en bonne intelligence avec toutes les personnes de bonne volonté.
Par exemple sera-t-il possible de réexaminer la Maison France Service revoir son fonctionnement, sa fusion avec le CCAS, sera t il possible d’y réintégrer l’AIDEP ?