Leopol le poulisson a ramené l’ours des enfants à la maison et me l’a présenté d’un air triomphal.
— Pluche vient d’annoncer sa candidature aux élections municipales ! Sa liste s’appelle Plume Poil Pluche.
À peine l’ai-je félicité que Cosette la taupe trumpiste l’a sollicité. Elle a des doléances à lui présenter.
— Le ciel m’a abandonné, déplore la pauvrette éplorée. Pire, j’en subis les foudres. Je suis maltraitée, victime d’exploitation et d’ostracisme.
Sensible à sa détresse, mon poulisson tente de la rasséréner.
— As-tu remarqué par les nuits sans lune le ciel incrusté de mille feux incandescents venus du fond des temps qui nourrissent le cœur d’émerveillement ?
— Je n’y vois guère et ne distingue que de faibles lueurs auxquelles je ne prête plus attention. Je nourris des préoccupations plus terre à terre, se plaint Cosette.
— Raconte-moi ! la presse l’ours des enfants.
— Je veux qu’on me laisse tranquille à multiplier mes taupinières.
— Mais voyons, dans quel état mettrais-tu le gazon si l’on ne tempérait ton zèle ? Comment pousseraient les fleurs du jardin et les légumes du potager si tes réseaux souterrains malmenaient sans vergogne leurs racines ?
Voyant le monde à travers le prisme embrumé de sa myopie, la taupe trumpiste n’en a cure, mais elle saisit l’occasion de « dealer », ça pourrait lui rapporter.
— Combien tu me donnes si je fais une taupinière tous les 10 mètres seulement ?
Interloqués, Pluche et Leopol demeurent un instant sans voix.
— Si on l’orientait vers l’opticien ? tente timidement mon poulisson en reprenant ses esprits. Elle pourrait y voir plus clair…
— Et vers le psy ? suggère le chat dont le regard perce jusqu’aux profondeurs insondables. Je sens que la paranoïa la gagne.
Monik Malissard
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J’aime beaucoup tout est dit ! Ça me rappelle beaucoup les contes du chat perché que je lisais à mes enfants
C’est léger et c’est clair merci