À l’étage, une chaleur suffocante. Une chaleur de greniers. Ceux des maisons anciennes où l’on étend le linge sous les combles. Une chaleur sèche, rêche, qui vampirise les bronches, rétracte la poitrine, sonne la tête. Une chaleur à dormir dehors.
le bambou se blottit timide dans les branches de son voisin épineux bourdonnant lui confie le murmure de ses soies où s’instille le vent
d’un arbuste une flamme a jailli
un papillon de feu à l’éclat d’aurore,
virevolte incandescente aussitôt enfuie
au crépuscule la soie clair de lune de l’eau a frémi
des doigts de velours d’or dans ses plis
écheveaux d’immortelles liés au fil des flots
chevelure de soleil enlacée au clapot
un bain d’étincelles
un bain arc-en-ciel
sur l’eau moelleuse ricoche le soleil
si sèche l’herbe que chaque pas écrase des biscottes
des doigts de soleil brassent les fonds marins dans leur roue
un parfum de pluie humé avec gourmandise et dans la nuit contractée commence l’attente de l’orage annoncé. Un mugissement enfin. Puis des claques de vent, soudaines, à peine. Puis une vague de vent, qui roule son feulement soyeux. Un mirage de pluie s’amène, d’un revers de main soulève sa traîne avec le sifflement doux d’un train qui passe au loin. Le vent rôde, fait des rondes, déroule ses oriflammes de satin. Sa rumeur monte et fouette, force le col de la cheminée, enchâsse la maison dans ses plis. Mais la pluie a posé un lapin.
Monik Malissard
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