Conseillère départementale depuis 2024, Laure Barault s’est lancée dans la course aux municipales depuis l’année dernière, tête de liste de l’équipe Nous Vous l’île. À 51 ans, la candidate qui se veut « sans étiquette » se dit déterminée à défendre l’intérêt général. Elle s’est livrée à cœur ouvert lors d’un entretien exclusif.
Un parcours professionnel ancré sur l’île
Scolarisée à l’île d’Yeu jusqu’au brevet, la fille de marin pêcheur choisit très tôt la voie professionnelle, sans quitter le territoire. Dès quinze ans, elle travaille en parallèle de ses études, notamment dans l’agriculture, le commerce et l’hôtellerie. Titulaire d’un BEP secrétariat, elle est recrutée par le centre de loisirs local comme animatrice. Elle obtient son BAFA, participe à l’accueil des classes de mer, puis se spécialise dans la petite enfance. Elle a exercée le métier d’ATSEM durant trente-deux ans.
Une Islaise solidement entourée
Mère de trois filles aujourd’hui adultes, Laure Barault affirme pouvoir compter sur un entourage solide : « elles ne me voient pas faire autre chose. Elles respectent mon engagement et me rappellent simplement de prendre soin de moi. » Très proche de ses cousines et de ses amis, elle évoque des soutiens « sans faille ». Elle a également un frère et une sœur. Cette dernière a d’ailleurs été contrainte de quitter l’île, faute de logement : «j’ai moi-même été confrontée à la difficulté de trouver un logement à l’année, dès 1994. Il y a eu un gros manque d’anticipation de la part des équipes municipales antérieures » . Attachée à préserver son équilibre, la candidate dissocie clairement vie publique et vie privée : « je ne parle pas politique avec mes proches. Je vais plutôt à la pêche ou aux champignons avec mon petit-fils. » Élue conseillère départementale en 2024, Laure Barault dit avoir ressenti une confiance forte de la part des électeurs. Elle reconnaît aussi ne pas avoir toujours été en accord avec certaines décisions municipales prises en lien avec le Département, ce qui nourrit aujourd’hui sa réflexion politique.
Un engagement syndical structurant
Son parcours militant débute en 2011 avec la CFDT. Très vite, elle est nommée secrétaire de la section locale de l’île d’Yeu, représentant 230 agents : « avec Bruno Noury, nous avons créé un lieu d’accueil de proximité, car il n’y en avait pas ici. » La section devient alors la plus représentative de Vendée en nombre d’adhérents. Élue lors des élections professionnelles de 2014, Laure Barault est chargée de développer un maillage territorial à l’échelle départementale. Elle accède ensuite à la tête du syndicat départemental, devenant interlocutrice auprès de différentes instances : « je ne regrette pas cette expérience riche, qui a duré cinq ans. Les liens avec le milieu politique se sont noués naturellement. » Elle quitte ses fonctions syndicales lors du congrès CFDT du 30 novembre 2023.
Des combats assumés
La conseillère départementale évoque plusieurs prises de position fortes : « je me suis fermement opposée à la restructuration des EHPAD. J’aurais aimé être entendue, ou au moins participer aux commissions. » Elle affirme également avoir alerté sur la régulation des meublés de tourisme : « je me suis souvent battue dans ma vie. J’ai parfois dû fracturer des portes, car elles ne m’étaient pas ouvertes. » Un parcours jalonné de rencontres déterminantes: « heureusement, j’ai croisé des personnes qui ont su me faire confiance. »
Très investie dans la vie associative
Parallèlement, Laure Barault s’implique fortement dans le tissu associatif local. Elle est membre de plusieurs associations et joue un rôle clé dans la création de Yeu M’Gar’Où, destinée à répondre aux besoins de mobilité des Islais, épaulée par des membres de l’association Yeu Demain. Le projet fédère jusqu’à 300 personnes lors de sa première réunion. Devenue présidente de l’association jusqu’en 2024, elle se dit très fière de son évolution et reconnaissante : « Luc Pasquier, Samuel Le Goff, Michel Bréard et Bernard Fessard ont largement contribué à la réussite de ce projet. Ce sont eux qui m’ont portée vers le haut. » Un soutien décisif qui l’a encouragée à franchir le pas vers un mandat départemental.
Une équipe tournée vers l’humain
Depuis l’année dernière, Laure Barault travaille à l’élaboration de son programme municipal. Elle s’appuie sur un noyau qu’elle décrit comme « solide », composé de femmes et d’hommes issus de milieux sociaux variés : « Ce sont des habitants déjà impliqués concrètement sur l’île. J’ai surtout recherché des experts dans des domaines précis, car je suis consciente que je dois pouvoir m’appuyer sur une équipe ». Des sensibilités, expériences et compétences multiples, mais dont le dénominateur commun va être « l’intérêt général » : « nous serons ouverts au dialogue et saurons communiquer avec la population, en toute honnêteté et transparence. Je suis consciente que ça demande du temps mais je suis convaincue que l’on y gagne par la suite. J’ai cette chance de savoir travailler de manière collective pour établir un consensus. Nous avons une vision à long terme. Notre priorité sera l’humain ». Elle revendique donc une méthode fondée sur la concertation : « comme pour le projet du hangar frigorifique, je veux travailler avec toutes les personnes qui souhaitent s’impliquer localement, afin d’établir des consensus. »
Pourquoi briguer la mairie ?
Son expérience de conseillère départementale lui a permis de mesurer la complexité des relations institutionnelles : « un conseiller départemental basé à l’île d’Yeu représente une seule commune et un seul canton. C’est une particularité unique en France. » Elle regrette un accès limité à certains dossiers communaux, pourtant liés au Département : «je siège à l’EPF, mais je n’ai pas été associée au dossier de l’EHPAD avec Vendée Habitat. » Convaincue que l’île nécessite une approche adaptée, Laure Barault affirme porter une vision à long terme : « j’ai vraiment l’envie de défendre les intérêts des Islais. L’île est un territoire particulier, il faut savoir l’adapter. »
Propos recueillis par V.L
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