Ils cherchent une autre façon de se déplacer

© Nadège - Club Photo Yeu

Comment se déplacer sur une île sans tout faire reposer sur la voiture ? À Belle-île-en-Mer, l’association Belle-île 2070 explore des alternatives, des véhicules légers aux nouvelles pratiques de mobilité. Une démarche qui fait écho aux interrogations soulevées pendant le festival les Insulaires, à l’île d’Yeu, et qui entend désormais ouvrir la voie à de nouvelles expérimentations.

Sur une île, quelques kilomètres peuvent changer de visage selon la saison, l’heure ou le moyen de transport choisi. Une route fréquentée en été, un trajet quotidien pour aller travailler, un déplacement compliqué lorsqu’on ne dispose pas d’une voiture : derrière la question des mobilités, il y a des habitudes, des contraintes et des besoins très différents. C’est cette réalité que Belle-île 2070 cherche à prendre en compte. Depuis sa création en 2018, l’association citoyenne s’intéresse à la manière dont l’île pourrait évoluer sans perdre ce qui fait sa qualité de vie. Parmi les sujets qui l’animent, les déplacements occupent une place particulière. À l’île d’Yeu, le grand débat organisé en septembre lors du festival les Insulaires a lui aussi mis en lumière les difficultés propres aux territoires insulaires. Comment partager la route ? Quelle place accorder à la voiture ? Quelles alternatives proposer aux habitants comme aux visiteurs ? Des questions qui résonnent d’une île à l’autre, même si chacune doit inventer ses propres réponses.

Et si la voiture n’était pas toujours la seule option ?

À Belle-île, l’association a choisi de regarder au-delà du duel entre voiture et vélo. Depuis 2024, elle s’intéresse notamment aux véhicules intermédiaires légers : des engins qui pourraient répondre à certains besoins de déplacement sans mobiliser autant de ressources qu’une voiture classique. Après une première expérimentation de prototypes, puis un micro-salon des mobilités insulaires en 2025, Belle-île 2070 poursuit son exploration. Cette démarche a quelque chose de pragmatique. Plutôt que de chercher une réponse universelle, elle invite à regarder les usages : de quoi a-t-on besoin pour aller travailler, faire ses courses, accompagner un enfant ou rejoindre un autre village ? Tous les déplacements nécessitent ils le même véhicule ? Le rendez-vous de cette année prolongera cette réflexion en réunissant véhicules anciens et innovations. Un retour sur l’histoire des transports à Belle-île permettra aussi de rappeler que les façons de se déplacer ont toujours évolué avec le territoire.

Faire de la mobilité une affaire collective

Derrière les véhicules, il y a aussi des initiatives locales. Le CPIE de Belle-île-en-Mer travaille sur les déplacements des jeunes dans le cadre du projet Mobilise. Belle-île en vélo agit autour de l’apprentissage du vélo et du programme « Savoir rouler à vélo ». Belle-île 2070 souhaite donner à ces démarches une place dans la réflexion collective. L’association a également présenté sa vision lors de la conférence consacrée aux mobilités insulaires au festival les Insulaires, à l’île d’Yeu. Ce passage d’une île à l’autre ouvre une perspective intéressante : les territoires du Ponant partagent certaines contraintes, et les expériences menées ici peuvent nourrir les réflexions ailleurs. À condition, bien sûr, de tenir compte des différences entre les îles.

En 2027, passer des idées aux essais

Belle-île 2070 ne veut pas en rester aux échanges. Avec l’association nationale Innovation véhicules doux (In’VD), elle envisage de proposer dès 2027 des projets et des expérimentations aux habitants et aux partenaires locaux. Les pistes annoncées visent des déplacements plus économiques, plus sobres et mieux adaptés à la vie insulaire. L’association élargit aussi sa réflexion au paysage. Comment préserver le cadre de vie tout en faisant évoluer les mobilités, l’habitat, l’agriculture ou les façons de produire de l’énergie ? Pour Belle-île 2070, ces sujets ne peuvent être pensés séparément. Ils dessinent ensemble l’île de demain.

Les expérimentations annoncées pour 2027 devront maintenant apporter leurs premières réponses.

VL

Programme prévisionnel:

Jeudi 29 octobre 2026
10 h Présentation de l’ouvrage du collectif PAP « Changeons de Paysage ! L’embellie écologique » paru en 2025 aux Editions du Moniteur, par Patrick MOQUAY et Cyril GOMEL, co-auteurs (Collectif PAP), Librairie partenaire « Les Orageuses », 5 rue de la Citadelle à Le Palais.

Vendredi 30 octobre 2026
20h30 Soirée d’échange « Paysages en transition : comment le paysage nous aide t-il à penser les transformations de notre île ? » avec Patrick MOQUAY, ancien Maire et Président de la Communauté de communes de l’île d’Oléron, expert en science politique et paysages (Collectif PAP) Salle de la Chapelle Saint-Sébastien, 45 avenue Carnot à Le Palais.

Samedi 31 octobre 2026
10h Ouverture de l’exposition de véhicules « Mobilités insulaires, du passé à l’avenir » en présence de Tibault GROLLEMUND, Maire de Le Palais, Président de la Communauté de Communes de Belle-île-en-Mer (CCBI), Marc KEMPF, Vice-président de la CCBI et Garance GUILLAUME, adjointe au maire de Le Palais. Présentation et essais accompagnés de véhicules pour le grand public.
11h – 12h Présentation d’initiatives associatives en faveur de la mobilité durable à Belle-île (associations CPIE de Belle-île-en-Mer, Belle-île en vélo, Belle île 2070), perspectives.
16h Clôture de l’exposition et transition vers la fête des citrouilles à Le Palais.

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2 Commentaires
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Brion
20/10/2026 10:50 am

Bonjour, intéressant, mais je suis un peu restée sur ma faim. Quelles sont les alternatives trouvées à Belle-Île ?

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Christel
Douay
20/10/2026 11:31 am

Serais-je le seul sur Yeu pour semer mes ‘grains’ sur le sujet auto- maboulistique islais quand même le dernier maire présent à l’AG Yeu Demain* m’avait renvoyé en touche au sujet de la rue Pierre Henry* *d’un autre âge calamiteux ?.. Super écolo Georges Biraud du Cours Saint Amand n’étant… Lire la suite »

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Daniel